Automobile : un plan à huit milliards d’euros qui autorise la fermeture d’usines

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Macron a confirmé mardi 26 mai son plan à huit milliards d’euros tel qu’il était distillé depuis plusieurs jours par ses communicants. Il en a seulement rajouté dans l’esbroufe, et a laissé libre Renault de mettre en application les fermetures d’usine envisagées. Il ne laisse d’autre issue que la mobilisation contre sa politique.

Pour planter le décor, Macron a prononcé son discours depuis une usine Valéo qui n’a jamais cessé ses activités de production même au sommet de l’épidémie. Quel signal ! Les hôpitaux manquaient de masque, Valéo s’en procurait pour pouvoir continuer à exporter et il est félicité ! 
Alors que des menaces précises visent quatre autres usines de Renault1, Macron demande à Renault de garantir l’emploi dans… les usines de Douai et de Maubeuge. Bref, il donne son feu vert à Renault.

Effets d’annonce et effets d’aubaine

« Qu’aucun modèle produit en France ne quitte le territoire » a demandé Macron. Demande inutile pour Renault puisque avec l’extinction programmée des modèles Scénic, Espace et plus tard Mégane, aucune voiture particulière Renault à essence ou diesel ne sera plus produite en France. 

Objectif un million de voitures électriques produites en France, annonce Macron. Soit la moitié des voitures vendues en France aujourd’hui. Même en rajoutant les techniques hybrides, ce chiffre est énorme et n’est étayé par aucun travail sérieux. Ce faisant, Macron rejoint les prévisions d’il y a dix ans du bateleur Ghosn qui avaient été complètement démenties par les faits. Les mêmes qui s’ébahissent devant l’audace de Macron avaient applaudi à celle de Ghosn.

Relancer les ventes de voitures à coup de primes à la casse n’est que la répétition d'une politique initiée il y a près de trente ans par un certain Balladur. Bonjour la nouveauté ! On en connaît les résultats : un effet d’aubaine pour les plus riches. 

La nouveauté « verte », ce sont les subventions augmentées pour l’achat de véhicules électriques. Outre le fait que les véhicules électriques sont tout autant polluants que ceux à essence sur toute leur durée de vie jusqu’au traitement des déchets, l’achat d’une voiture électrique est le privilège des plus riches. 32 000 euros est le prix d’une voiture « moyenne » comme la Renault Zoe. Avec une prime de 6 000 euros financée par les impôts de touTEs, la voiture coûte 26 000 euros. Ce système de primes est un fantastique mécanisme de redistribution vers les plus riches…

Le discours et la politique de Macron n’offrent comme perspective qu’un tout-automobile polluant encore plus inégalitaire et toujours fauteur de suppressions d’emplois.

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