Air France : pas de trêve de la colère

La trêve des confiseurs n’est pas pour tout le monde. Justement les salariés au sol d’Air France commencent à en avoir plus qu’assez du blocage des salaires. Surtout quand ils apprennent par la presse que l’actuelle ministre de la défense du gouvernement Macron, Mme Parly, cadre sup sup à Air France de 2011 à 2014, proche de François Hollande, était payée 79000 € net par mois. Et a touché une prime de départ de 675 800 € déguisée en prime de licenciement (comme ça, ça n’était pas imposable…) pour atterrir à la SNCF, où elle n’était payée « que » 52000 € mensuels… Pour finir, un faux licenciement en 2014, période où nos dirigeants faisaient avaler aux syndicats d’accompagnement que la Compagnie allait très mal et qu’il fallait se serrer la ceinture... Cfdt, Fo, Cgc et Unsa ont signé à l’époque de nouveaux accords d’entreprise entérinant 4 ans de blocage des salaires, perte d’une partie de l’ancienneté, réduction des effectifs, et passage de 33 à 35 heures par semaine pour les salariés travaillant en 3x8, et sur la piste.

 

Des inégalités qui révoltent

Depuis, l’argent coule à flot, les avions sont pleins, Air France profite à fond du prix bas du kérosène, et les salaires restent à la traîne, les sous-effectifs sont partout, mettant les salariés sous tension permanente.

Début novembre, les mécaniciens qui font les départs avions en piste ont découvert que leur Compagnie, ne trouvant pas de personnel qualifié, avait été obligée d’augmenter les critères d’embauche. Les nouveaux arrivants avaient plus de points que le salarié Air France ayant subi le blocage de son salaire. Alors qu’ils ont la même expérience et les mêmes diplômes. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase...

En plus, la Direction vient d’annoncer une hausse de la prime d’intéressement versée fin mai. Elle est doublée vus les très bons résultats financiers d’Air France, mais ne représente que 1400 €, alors que les très hauts cadres et pilotes les mieux payés toucheront 8000 €...

 

Une mobilisation qui se construit

Depuis des mouvements ont éclaté, grèves le week-end des équipes de piste... pour des hausses de salaire et contre des effectifs suffisants. Et une baisse du temps de travail pour pouvoir récupérer de ces horaires très fatigants.

Sud Aérien est en pointe pour défendre et organiser ces salariés, et mercredi 20 décembre, ce sont 300 mécanos de Roissy en colère qui ont envahi le comité d’entreprise et imposé une première négociation à la Direction. 

Dans d’autres secteurs des mouvements se développent. Dans l’atelier de révision des gros réacteurs à Orly, des débrayages ont eu lieu sur deux équipes, contre un chefaillon et pour des hausses de salaire. Les mécanos « départ avion » d’Orly viennent de déposer un préavis pour rejoindre le mouvement le jour de Noël. Chez les assistants de piste à Orly Ouest, des débrayages ont aussi lieu à l’appel de Cgt et Fo vendredi 22.

Le nouvel accord « temps de travail » ne prévoyant plus de rémunération exceptionnelle pour travail un jour férié, les mouvements vont se concentrer sur Noël et Nouvel An, obligeant les cadres briseurs de grève à venir passer le réveillon dans le froid et la pluie...

Et les travailleurs des autres secteurs commencent à avoir envie de bouger aussi. La Direction et certains syndicats recommandent d’attendre les négociations salariales prévues en février… surtout ne pas gêner.....

Les salariés en ont assez du discours de sacrifice pour les uns quand les autres s’en mettent plein les poches. Nous sommes peut-être à l’aube d’un grand mouvement sur les salaires et les effectifs.

 

Jet Aelys

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