Air France : Mobilisation prête à décoller

Les résultats annuels 2017 d’Air France-KLM ont été publiés. Ce sont les meilleurs chiffres depuis 2007-2008, l’année de tous les records pour la compagnie, avant le krach boursier. Le résultat d’exploitation explose (+ 35 %) à 1 861 millions d’euros.

Les salariéEs s’en doutaient, voyant les avions remplis. Et la pression s’est faite forte, quand la direction a proposé seulement 1 % d’augmentation, après 5 ans de blocage des salaires… CGC et CFDT ont signé en 24 heures mais, grande première, les autres syndicats se sont unis pour dénoncer la signature avec plus de 50 %. La direction, après avoir fait planer la menace de donner moins, a finalement décidé de mettre en œuvre son projet de manière unilatérale. Comme quoi les syndicats serviles n’avaient pas besoin de signer…

Des salariéEs déterminés

L’intersyndicale a, du coup, appelé à une grève générale pour le 22 février. En pleines vacances scolaires. Tous les syndicats de pilotes, tous les syndicats d’hôtesses et stewards, et au sol, Sud-Aérien, la CGT, l’Unsa et FO, appellent. Avec une manifestation au siège de Roissy à 10 heures. Revendication : une hausse des salaires de 6 %, correspondant à l’inflation non rattrapée des cinq dernières années.

En parallèle se poursuit le mouvement des mécaniciens avion, qui dure depuis début décembre à coups de grèves ponctuelles, accumulant les reports de pannes techniques et conduisant à des annulations et retards de vols. Ils ont lancé une caisse de grève pour tenir bon. Un mouvement corporatiste pour l’instant, mais qui s’adresse aux autres professions pour le soutien, et en même temps donne l’exemple de la lutte nécessaire. La direction, pour l’instant, refuse de négocier, poussant même la provocation jusqu’à accepter de discuter avec tous les syndicats sauf Sud-Aérien, qui est pourtant le seul syndicat choisi par les grévistes pour les représenter dans ce conflit. À l’origine, Sud était très peu présent dans ce secteur, mais il apparait comme le seul syndicat vraiment indépendant de la direction et non corrompu.

Ces mouvements sont à l’image du ras-le-bol des salariéEs qui voient leur pouvoir d’achat baisser, alors que les riches se portent de mieux en mieux.

Jet Aelys 

 

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