Air France : le conflit redécolle

La nouvelle direction d’Air France refusant d’entendre ses revendications, l’intersyndicale d’Air France appelle de nouveau à la grève du 23 au 26 juin. 

Depuis sa prise de fonction, la nouvelle présidente d’Air France-KLM, Anne-Marie Couderc, a rencontré les organisations syndicales représentatives « afin d’écouter, comprendre et ainsi pouvoir identifier les actions nécessaires ». Sans bien évidemment apporter aucune réponse puisque « Air France n’a pas les moyens d’augmenter ses coûts comme l’exige l’intersyndicale ». Air France qui, loin du dépôt de bilan comme on voudrait le faire croire, va bien et même de mieux en mieux. La direction doit annoncer des mesures lors du prochain CCE le 14 juin. Mais vu le ton employé, elles seront loin des attentes des personnels. L’intersyndicale, portée par le rejet des salariéEs à la consultation organisée par la direction, a lancé un nouvel appel à la grève. 

Aller vers la construction de collectifs

Si les précédentes grèves ont fortement pénalisé l’activité de la compagnie, notamment grâce à une mobilisation forte des pilotes, le mouvement n’a pour le moment pas réussi à créer des collectifs de lutte. Cela n’a pas été la priorité de l’intersyndicale. Les personnels navigants, principalement mobilisés, habitent souvent très loin de leur base de rattachement, leur faisant préférer la grève à la maison plutôt que la tenue de piquet de grève. Et de fait les rassemblements organisés n’ont pas réuni largement les grévistes, même s’ils ont pu être symboliquement importants comme l’envahissement de l’aéroport CDG le 22 février. Seuls les mécaniciens avion, en lutte sur leurs revendications propres, ont des formes d’auto-organisation, avec AG, moyens de communication et d’organisation, représentantEs élus. Pour que le mouvement prenne de l’ampleur, la prise en main par les personnels est indispensable. 

Les salariéEs de KLM revendiquent également des augmentations de salaires 

Coté KLM, la sœur néerlandaise, les salariéEs aussi se mobilisent. Des négociations salariales ont lieu parmi les trois catégories de personnels. En mai KLM avait annoncé un accord avec VNV, le très majoritaire syndicat de pilotes, comprenant notamment 4 % d’augmentation salariale et 4 % d’augmentation des jours de congés, soit des propositions bien plus fortes qu’à Air France. Mais cet accord vient d’être rejeté par la base. Les pilotes réclament de « réduire la pression du travail ». C’est la même chose pour les hôtesses et stewards où un accord signé à l’automne a lui aussi été rejeté par la base. Et selon le quotidien hollandais NRC Handelsblad les choses se passent mal pour KLM également du côté des négociations avec les personnels au sol. Si la presse se fait l’écho de la volonté des pilotes de KLM d’aller jusqu’à la grève, il faut rappeler que le syndicalisme et le droit du travail sont très différents aux Pays-Bas. Il y a une vraie culture d’accompagnement de toutes les centrales syndicales, qui ont des moyens de pression plus forts. Mais ces confrontations à KLM ne peuvent que renforcer la lutte des salariéEs d’Air France. Cela doit aussi être l’occasion de rapprocher les travailleurEs dans leurs luttes contre leurs patrons communs. 

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