52ème Congrès CGT : Martinez sur la défensive

C’est donc à Dijon, ville dont le maire n’est autre que François Rebsamen, ancien ministre du travail, proche de François Hollande, auteur d’une série d’atteinte aux Institutions représentatives du personnel, que s’est ouvert le 52ème congrès de la CGT.

Un petit millier de déléguéEs dont 80% participent à leur premier congrès confédéral et une proportion de femmes passant de 41% au 51ème congrès à 45% cette fois.  

Tentative de déminage

Après la traditionnelle présentation de la région par la Secrétaire générale de l’UD de la Côte-d’or, Philippe Martinez a tenté de répondre par avance aux débats et critiques qui vont s’inviter dans les débats de jours qui viennent. Reconnaissant les faiblesses croissantes de la CGT au cours des dernières années Martinez a qualifié la période de « difficile mais passionnante ». Une introduction aux débats sur le bilan d’activité qui, du coup, dépassera largement ce cadre pour anticiper sur l’ensemble des débats du congrès.

La première partie de son intervention consacrée à l’international avait pour double fonction de donner une image positive de la CGT soulignée par des applaudissements (Palestine, Cuba, Brésil...) tout en tentant de déminer le débat qui monte sur l’adhésion de la CGT à la CES et à la CSI. Retour aussi (souligné par des applaudissements) sur le soutien de la CGT aux mobilisations des migrantEs et travailleurs immigréEs. 

Les difficultés ne seraient liées qu’aux problèmes d’implantation

La deuxième partie sur la situation française fut plus laborieuse. Au-delà de la dénonciation générale de Macron, dont l’élection doit, pour Martinez, beaucoup à la faillite du Parti socialiste, les attaques du gouvernement sont évoquées de façon très générale, sans souligner leur violence. Contre les retraites, contre l’ensemble de la protection sociale et surtout la violence de la répression. Si les suppressions de 120 000 postes dans la fonction publique, la privatisation d’ADP et des barrages hydrauliques, la réforme des retraites sont évoquées, la dénonciation n’est pas au niveau des attaques. Martinez a rappelé les 19 propositions de la CGT envoyée en réponse à l’invitation d’Edouard Philippe ce qui lui a permis de revenir sur des repères nécessaires : retraite à 60 ans, SMIC à 1800 euros et une assez longue intervention sur l’égalité hommes-femmes. Une rapide évocation de la mobilisation des Gilets jaunes sans critique des catastrophiques prises de position initiales de la direction confédérale sans prendre en compte les questions d’orientations et de mode de lutte que cela pouvait révéler.

En fait les difficultés, les échecs auxquels sont confrontés la CGT n’ont qu’une origine : les faiblesses d’implantation de la CGT elle-même liée à des défauts de structuration et de comportement interne. Donc pas besoin de s’interroger sur l’orientation ou sur les modalités de lutte. 

C’est parce que 34% soit 3 000 000 des salariéEs ne sont pas en situation de rencontrer la CGT que des mobilisations se développent hors de son champ et c’est pourquoi la CFDT est passée devant la CGT dans le calcul de représentativité. Pour y remédier, Martinez demande aux congressistes de s’atteler enfin aux modifications des structures : regroupement des Fédé, construction des comités régionaux et structures à adapter aux réalités économiques et industrielles. Un ton mêlant pédagogie et fermeté pour faire passer l’idée que cela devait être au cœur des débats du congrès.

Au total Martinez, sur la défensive, a tenté de convaincre du caractère indispensable du resserrement de la CGT autour d’une orientation qu’il ne faudrait pas remettre en cause. Pas sûr que tous les congressistes parmi lesquelLEs des oppositions à l’orientation apparues tant dans un contre texte que dans la manifestation du 27 avril.

Ce mardi matin une initiative du Collectif femmes de l’US de la Ville de Paris pour dénoncer le sexisme interne à la CGT a reçu un très bon accueil.

Robert Pelletier

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