100 jours de grève : la mobilisation des travailleurs sans-papiers de Chronopost continue...

Car cela fait plus de trois mois que des dizaines de travailleurs sans-papiers sont en grève. Ils campent nuit et jour devant l’entrée de l’agence Chronopost d’Alfortville (dans le Val de Marne). Et ils se battent pour leur régularisation et leur titularisation. Chronopost, filiale à 100 % de la Poste, elle même entreprise à capitaux 100 % publics, les exploite en toute connaissance de cause en se cachant derrière un système de sous-traitance en cascade, et en leur imposant des conditions de travail esclavagistes : temps partiel imposé, embauche à 3 ou 4 heures du matin, refus de payer les heures sup, pas de pauses, menace permanente de renvoi en cas de maladie, d’absence ou de réclamation...

L’État et les entreprises concernées sont complices depuis le début et jouent le pourrissement. La direction de la Poste explique qu’elle n’est pas leur employeur et qu’elle n’a rien à voir avec tout ça. Pourtant, elle fait toujours affaire avec les mêmes entreprises sous-traitantes et elle n’a aucun scrupule à empocher les profits produits par leur sur-exploitation. La préfecture du Val de Marne veut faire du cas par cas et demande des documents officiels, que la Poste et ses sous-traitants refusent de donner. Le ministère du travail, qui aurait pourtant fort à faire avec ce cas d’école, se hate lentement.

Mais la situation est en train d’évoluer. Les travailleurs sans-papiers de Chronopost montrent une détermination à toute épreuve, malgré les difficultés. Ils bénéficient d’un important soutien, de la part du Collectif des Travailleurs Sans-papiers de Vitry (CTSPV) qui est à l’origine de cette mobilisation, de la fédération Sud-PTT et de Solidaires Val de Marne, de structures locales de la CGT (à noter l’absence, incompréhensible, de l’UD CGT du Val de Marne), de pas mal d’élus locaux (députés, maires, sénateurs, conseil départemental), etc. 

Et enfin, la direction de la Poste est clairement sur la défensive. L’entreprise a déjà été condamnée plusieurs fois pour travail dissimulé. Et son image de marque en a pris un sacré coup avec la diffusion le 12 septembre d’un reportage sur France 2, qui montrait la souffrance au travail de ses salariés, y compris de cadres, causée par des méthodes de management qui n’ont pas grand-chose à envier à celles qui étaient en vigueur à France Telecom et qui ont valu récemment la condamnation de la direction de cette entreprise lors d’un procès fort instructif. 

Pour soutenir la mobilisation des Chronopost :

- Tous les passages sur le piquet de grève, 2 chemin de Villeneuve Saint-Georges à Alfortville (94), à la rencontre des camarades en lutte sont importants

- Une cagnotte en ligne à été mise en place :https://www.lepotsolidaire.fr/pot/7g909is1

- Une pétition de soutien est également signable en ligne :http://chng.it/XWfPjQyNBB

Correspondant

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