Elser, un héros ordinaire

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Un film de Olivier Hirschgiebel. Sortie le 21 octobre 2015, avec Christian Friedel, Katharina Schüttler et Burghart Klaußner. 

Le 8 novembre 1939, une bombe explose à Munich dans la brasserie Bürgerbraü. Hitler vient d’en partir après avoir prononcé un discours en présence des principaux dignitaires nazis. Il a été inhabituellement bref, et l’attentat est donc un échec. Le menuisier Georg Elser est arrêté à la frontière suisse. Il est torturé : les nazis veulent lui faire avouer qu’il n’est que l’exécutant d’un complot.

Des flashbacks reviennent sur sa vie antérieure dans son village. Sympathisant du Front rouge, Elser n’a jamais adhéré au PC allemand. Il joue de la musique dans les orchestres de village, aime le jazz. C’est un séducteur, qui doit aussi prendre en charge sa famille. Un Allemand « ordinaire »... Mais il ne supporte pas les nazis et ne veut rien à voir à faire avec eux. Elser a décidé et exécuté seul son attentat.

L’interprétation de Christian Friedel est remarquable, et le film décrit assez bien comment le national-socialisme hégémonise un village allemand. Après la guerre, il faudra du temps pour qu’Elser soit reconnu comme un héros : sa famille reste silencieuse dans la République fédérale mal dénazifiée, et des interprétations malveillantes de son geste continuent de courir. 

Le film rappelle que la résistance allemande au nazisme ne se réduit pas aux militaires et officiels du complot de juillet 1944, dont certains à l’instar d’un des interrogateurs d’Elser, avaient fidèlement servi le régime et participé à ses crimes les plus atroces.

Henri Wilno

 

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