Suicide de Christine Renon : le trentième de la honte

Ce n’est même plus une provocation, c’est une gifle en plein visage. En plein mouvement de contestation sur les retraites et contre les E3C au lycée, c’est ce que se sont dit les enseignantEs qui ont découvert, sur leur fiche de paie, une retenue sur salaire pour le jeudi 3 octobre dernier.

Ce jour-là se tenaient les obsèques de leur collègue, Christine Renon, directrice d’école « épuisée » par son employeur, l’Éducation nationale, qui s’est suicidée sur le lieu même de son école, à Pantin. La vague d’émotion et d’indignation qui a suivi a été énorme et s’est traduite notamment par un rassemblement impressionnant, le 3 octobre, devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) de Bobigny.

Ça ne peut plus durer

En refusant d’accéder à la demande faite par les syndicats de ne pas retirer de salaire pour cette journée-là, le ministre Blanquer tombe le masque et se montre tel qu’il est : un Terminator de l’École, pas même capable d’une empathie de façade pour ses personnels.

En réalité nous exigeons bien plus, car la situation ne peut plus durer. On aurait pu croire qu’après Christine Renon, les enseignantEs auraient été davantage écoutéEs, les politiques qui dégradent davantage chaque jour les conditions d’enseignement, notamment en Seine-Saint-Denis, infléchies… Il n’en a rien été et cette ultime injure à la mémoire de notre collègue en est la preuve.

Blanquer nous déteste donc à ce point qu’il n’honore même pas notre deuil ? Nous lui répondons que nous le détestons davantage encore, et qu’il n’en a pas fini avec nous.

Correspondant

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