Rentrée impossible au Lycée Autogéré de Paris

Les personnelLEs et élèves du LAP sont mobiliséEs pour refuser les suppressions d’heures et de postes que les rectorats veulent leur imposer, avec une première victoire à la clé.

Une centaine d’élèves accompagnéEs de leurs professeurEs se sont rassembléEs ce lundi midi devant le Rectorat de Créteil, pour défendre le poste d’un enseignant de cette académie recruté fin juin au Lycée Autogéré : alors que la rentrée est déjà bien engagée, il n’a toujours pas obtenu son détachement pour y enseigner, au mépris des accords passés entre les rectorats franciliens et le lycée.

Une saignée qui remet en cause les conditions d’exercice

Depuis le mois de mai déjà, le Lycée Autogéré a engagé une lutte auprès du Rectorat de Paris pour récupérer les 11 heures perdues sur l’enveloppe horaire attribuée au lycée dans le cadre de la réforme Blanquer qui entraîne, dans tous les lycées, une perte drastique des moyens d’enseignement. C’était bien l’objectif de cette réforme avant tout budgétaire, que nous avons combattue dès 2018.

Mais au Lycée Autogéré, 11h en moins, ce ne sont pas seulement des heures de cours supprimées, ce sont aussi des heures de suivi d’élèves, de gestion collective, d’ateliers et de projets : tout ce qui fait la spécificité de notre projet pédagogique et autogestionnaire.

Après une campagne de mobilisation et une audience sans succès en juin, le Rectorat continue de nous opposer son indifférence, voire son mépris.

Mépris redoublé en cette rentrée quand nous apprenons qu’un de nos collègues en congé formation n’est pas remplacé et que deux autres, qui ont été recrutéEs, l’une depuis un an et l’autre en juin, sont finalement affectéEs dans d’autres établissements malgré les accords passés à la création du Lycée Autogéré.

Une première victoire

Si la situation vient de se débloquer in extremis à 10h pour la collègue dépendant du Rectorat de Paris, le sort du professeur de l’Académie de Créteil est toujours incertain. Nous entendons bien nous faire entendre, et les élèves aussi, mobiliséEs avec banderole et chansons sous les fenêtres du Rectorat aux cris de « Libérez Nicolas ! Lycée Autogéré mobilisé ! »

Nous sommes tout aussi déterminéEs à poursuivre la lutte pour récupérer nos 11 h, aux côtés d’autres établissements alternatifs publics, notamment le lycée expérimental de Saint-Nazaire, qui perd deux postes en cette rentrée et connaît aussi de gros problèmes d’affectation des membres de son équipe pédagogique, et le collège Gisèle Halimi d’Aubervilliers dont le projet alternatif a été sabordé par le Rectorat de Créteil deux ans après son lancement.

Bastions de résistance à l’école traditionnelle et à la logique capitaliste, ces établissements subissent de plein fouet les attaques du gouvernement : ils entament cette rentrée sous le signe de la mobilisation !

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