Rentrée des classes militante dans l’académie de Toulouse

En juillet, lors de la dernière AG après les grèves de mai et juin, les personnels de l’éducation mobilisés à Toulouse s’étaient donné rendez-vous pour une nouvelle AG le mercredi 28 août à la Bourse du travail. Cette AG, avant même les pré-rentrées, a réuni 70 personnels du 1er et du 2nd degré. Vu la date, la participation est encourageante, et les débats ont démontré que la détermination à faire échec aux politiques éducatives est forte, tout en intégrant la nécessaire bataille contre la réforme des retraites et au-delà contre le projet de société qu’illustrent dans l’École les réformes Blanquer. 

En effet, de nombreux collègues ont fait la pré-rentrée puis la rentrée avec la ferme intention de continuer à se battre. Une motion de défiance contre le ministre a été proposée afin de faire campagne dans tous les établissements pour renforcer le discrédit du ministre et de sa politique. Des enseignant.e.s refusent d’être professeurs principaux, d’autre se préparent à refuser de faire passer les évaluations.

Vendredi 30 aout, jour de pré-rentrée, de nombreuses AGs ou heures syndicales se sont tenus dans les établissements de Toulouse et des alentours, qui ont confirmé l’ambiance combative de l’AG toulousaine. Aujourd’hui 2 septembre, jour d’accueil des 6es, le collège Hubertine Auclert de Toulouse est déjà en grève, collège fermé, avec le soutien des parents, pour réclamer des moyens supplémentaires pour accueillir dignement les élèves. Mercredi 4 septembre, premier jour de cours, deux autres collèges de la ville seront en grève s’ils n’ont pas obtenu les moyens humains dont le manque a été constaté lors de la pré-rentrée. 

Ces revendications sont certes très locales et ciblées mais elles confirment, après la grève du bac, que les personnels de l’éducations sont tellement écoeuré.e.s par l’évolution du système scolaire et de leurs conditions de travail qu’ils ne veulent plus jouer le jeux de l’institution lors des moments symboliques comme les examens ou la rentrée des classes. Il faut dire que pour un enfant rentrant en 6e, connaître une grève et se retrouver devant un rassemblement des banderoles n’est pas très rassurant pour le premier jour au collège. Mais ce qu’il faut voir, c’est que les conditions d’études qui l’attendent toute sa scolarité sont bien plus traumatisantes que l’échec de la journée de rentrée. 

Maintenant, pour les jeunes, les parents d’élèves et les personnels de l’éducation nationale, l’enjeux est à la prise de conscience collective que les difficultés locales sont liées à un politique d’ensemble, que les réformes de l’écoles s’intègrent dans un plan d’ensemble gouvernemental qui cherche à restructurer complètement la société et le monde du travail. L’injustice et l’autoritarisme à l’école est le reflet de l’injustice et de l’autoritarisme dans la société. C’est bien parce que la précarité et l’exploitation se développe pour une majorité de travailleur.se.s que l’école se réduit à lire, écrire, compter, obéir et accepter son sort pour leurs enfants.  

Et c’est bien avec les usagers, élèves et parents d’élèves, aux côtés des autres secteurs professionnels qu’il va falloir se saisir de chaque occasion, en défense des services publics, du climat, contre la réforme des retraites, en développant les grèves, les mobilisations comme les gilets jaunes, pour se battre ensemble et défendre les intérêts de tous les travailleur.se.s et de la jeunesse. 

Nicolas Daubert

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