Nice : arrestations arbitraires et violences visant des militantEs

Le 9 mai à Nice, l‘ensemble syndicats de fonctionnaires et d’étudiantEs appelaient à une manifestation pour défendre le service public. 

Des policiers d’Alliance, syndicat proche de l’extrême droite, s’étaient joints à la CGC et entendaient imposer leur participation à la manifestation, et même y prendre la parole sans y avoir été invités.

Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer cette situation. Puis la manif est partie, CGT devant puis Solidaires, FSU, CFDT, UNSA, CGC loin derrière. Donc pas de contacts mais en milieu de manif les quatre militantEs d'Alliance qui n’étaient pas en service et donc sans brassard réglementaire, ont collé aux syndicalistes de Solidaires étudiant·e·s et de la FSU. Certains slogans anti-flics ont alors été lancés. 

En fait, Il s’agissait bien d’un traquenard. Dès le début de manif, ils ont repéré certainEs militantEs qu’ils voulaient embarquer.

La manif s’est terminée sans problème, sans que nous sachions que déjà deux jeunes de Solidaires étudiant·e·s avaient été interpellés après leur départ de la manifestation.

« Outrage, rébellion violente et violence »

Au moment de la dispersion, notre camarade Olivier était, avec sa fille, au milieu de la placeGaribaldi, quand deux policiers de la Bacaccompagnés de deux stagiaires de la police allemande lui ont demandé ses papiers. Il a obtempéré et demandé le pourquoi d’un tel contrôle. Pour « outrage », s’est-il entendu répondre. Alors qu’Olivier contestait ledit outrage, les policiers lui ont intimé de les suivre. Olivier a alors dit à sa fille d’aller prévenir les personnes encore présentes sur la place. Les policiers lui ont fait uneclé de bras, et Olivier a alors levé les bras et crié « À l’aide » pour que l’arrestation ne passe pas inaperçue.

Les policiers lui ont passé les menottes et l’ont violemment plaqué au sol, se mettant à trois sur son dos. Olivier étouffait et suffoquait lorsqu’ils l’ont embarqué. Une sympathisante de Solidaires a également été arrêtée dans la bousculade qui a entouré l’arrestation d’Olivier.

L’arrestation a provoqué une forte mobilisation dès jeudi après-midi. Le vendredi matin ce sont environ 130 manifestantEs qui maintenaient la pression devant le commissariat : syndicalistes, Gilets jaunes et militantEs politiques. Le lycée Calmette, où travaille Olivier, s’est mis en grève en solidarité, et 50 manifestantEs ont rejoint le rassemblement. Grâce à cette mobilisation, la garde à vue a été levée vendredi midi.

Olivier est convoqué au tribunal le 19 décembre pour « outrage, rébellion violente et violence ». Les autres militantEs sont poursuivis pour « outrage » ou pour « violence » À la suite de son interpellation brutale, Olivier s’est vu prescrire 10 jours d’ITT. 

Éric Ciotti exflitré

Cette arrestation arbitraire et violente, ainsi que les conditions de garde à vue, sont une nouvelle illustration de la dérive sécuritaire de l’État face à toutes celles et ceux qui s’opposent à la politique du gouvernement. Sans qu’aucune violence pendant la manifestation ne le justifie, ce sont des militantEs connus qui ont été visés par la police. Des militantEs qui sont de celles et ceux qui créent des liens entre les luttes : luttes syndicales, solidarité avec les migrantEs, les Gilets jaunes. Comme Geneviève Legay brutalisée par la police sur cette même place Garibaldi fin mars et toujours hospitalisée. Il n’y a pas de hasard ici…

Épilogue : lors de la manifestation du samedi 11 mai, les gilets jaunes sont tombés par hasard, place Garibaldi, sur Éric Ciotti. Celui-ci avait encore brillé la veille par son communiqué nauséabond demandant  la suspension de l’Éducation nationale de notre camarade Olivier,  au moins jusqu’à son procès.Les Gilets jaunes ont crié leur soutien à Olivier,et Ciotti a dû être exfiltré de toute urgence par la police.

Correspondant

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