Mobilisation étudiante : Macron réprime tous azimuts

Alors que depuis deux mois les étudiantEs se mobilisent contre la sélection à l’entrée de l’université, et que des dizaines de milliers d’étudiantEs se sont rassemblés dans les assemblées générales partout en France, le gouvernement réprime touTEs les étudiantEs mobilisés.

La mobilisation a souvent pris la forme d’occupations des universités : c’est la première chose que le ministère a visé. Face à des étudiantEs qui ont décidé de reprendre leurs facs au moment même où elles sont sur le point d’être détruites par le gouvernement, ce sont maintenant les CRS qui occupent les universités. Le coup de semonce a été la manifestation du 19 avril : des dizaines de blessés, des centaines de grenades lacrymogènes et de désencerclement… Le gouvernement Philippe a repris les méthodes du gouvernement Valls pour frapper les manifestantEs. Le jour suivant, c’est la fac de Tolbiac qui a été évacuée dans une violence extrême à 5 heures du matin. Après Tolbiac, qui incarnait un symbole de la mobilisation étudiante, ce sont les facs de Reims, Nancy, Saint-Charles et Paris 3-Censier qui ont été vidées par les forces de l’ordre. 

Tournant répressif

Ce tournant répressif a été particulièrement préparé par les présidents des universités, qui n’ont cessé de crier leur « désespoir » face aux occupations, n’hésitant pas à mentir pour délégitimer les étudiants. À Paris 1, Georges Haddad est même allé jusqu’à évoquer des « réseaux de prostitution » pour jeter l’opprobre sur les opposantEs à la sélection. 

Une des peurs les plus importantes du gouvernement, au moment où un certain nombre de gares sont parties en grève reconductible (gare du Nord, Austerlitz, Saint-Lazare), et que les liens entre étudiantEs et cheminotEs n’ont cessé de se renforcer, c’est le spectre d’une alliance entre étudiantEs mobilisés et travailleurEs en grève. En 1986, c’est cette alliance qui avait permis de développer la plus longue grève cheminote de l’histoire du rail. En 1995, ce sont aussi ces convergences qui ont mené à une grève généralisée du rail qui a tout simplement paralysé la France : c’est ce que veut éviter le gouvernement à tout prix, quitte à frapper à tout va.

Un mouvement qui se poursuit

Cependant, le mouvement contre la sélection est loin d’être mort et enterré. Tout d’abord, dans de nombreuses facs, les occupations et les assemblées générales massives continuent d’avoir lieu, comme à Nanterre, Paris 8-Saint Denis ou au Mirail à Toulouse. Et dans toutes les facs évacuées, les comités de mobilisation continuent leur activité, notamment pour faire annuler les partiels et mobiliser les lycéenEs.

Car si les lycées sont pour l’instant les grands absents de la mobilisation, cela est plus dû à une chape de plomb maintenue par les directions des établissements et aux pressions parentales qu’à une acceptation du plan étudiants. En témoignent les multiples blocages et manifestations lycéennes qui ont eu lieu avant les vacances, notamment au Mans, à Tours ou encore à Rouen, et les blocages de lycées parisiens qui ont redémarré dès le 30 avril, jour de la rentrée : à Arago (Paris 20e) ou Condorcet (Montreuil), les lycéenEs ont bloqué leur établissement dès 6 heures pour lutter contre le plan étudiants. Si pour l’instant, il manque encore une dynamique nationale, ces blocages isolés montrent la détermination des militantEs lycéens. C’est pour cela qu’il faut que les étudiantEs mobilisés, alors que les congés d’été arrivent à grand pas, centrent une partie de leur activité sur les lycées pour aider les militantEs à entraîner les forces vives des 2 500 lycées de France.

George Waters

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