Marre de jouer aux bons élèves : les profs du 93 occupent leur direction départementale !

Mardi 9 avril, environ 150 profs du 93 ont débarqué sans invitation dans les locaux de la DSDEN de Bobigny. Après avoir occupé le hall puis les escaliers par surprise, ces professeur-es se sont introduit-es dans les couloirs pour y exprimer leur colère face au mépris de l’institution : « On les laissera pas casser l’école du service public », « Blanquer, ministre autoritaire, on veut pas bosser pour toi », « Jean-Michel a choisi ses trois spécialités : mensonge, mépris, austérité » et autres slogans ont résonné avec force dans tout le bâtiment.

Une démonstration que n’a pas vraiment goûté l’administration, on se l’imagine. Celle-ci a posé comme préalable le fait que nous redescendions avant toute discussion. Les masques sont tombés lorsque deux policiers en uniforme sont apparus au bout du couloir. « L’école de la confiance » c’était donc bien ça : la répression la plus décomplexée pour toute forme de dialogue. 

Ce qui fait d’ailleurs penser à nos quatre collègues syndicalistes du collège République de Bobigny, non loin de là, sanctionné-es sous la forme de mutations d’office. Ou encore à l’article 1 de la loi Blanquer, qui veut interdire le fait de porter atteinte à « l’honneur de l’institution »…

Mais face au mépris et aux intimidations, les personnels de l’éducation du 93 restent déterminé-es. Après une journée de grève très réussie le jeudi 4 avril, plusieurs établissements étaient à nouveau en grève moins d’une semaine plus tard. Dans plusieursvilles comme à Montreuil et Bagnolet, des collectifs de lutte se sont créés autour des parents et enseignant-es, pour attaquer Bien sûr, on ne peut pas encore parler de raz-de-marée et seule une grève massive permettra de faire reculer la politique du gouvernement dans l’éducation.

Mais la leçon donnée ce mardi par les profs du 93 à leur hiérarchie, c’est qu’ils sont capables de devenir des « ingérables ». De cesser de jouer les bons élèves sages d’une institution qui méprise ses personnels et ses élèves. Ce n’est qu’un début. Mais ça fait du bien.

Correspondants

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