À l’université du Mirail, les personnels à la pointe de la mobilisation

Depuis plus d’un an, les personnels et étudiantEs de l’université Jean-Jaurès (Le Mirail) de Toulouse sont mobilisés. À la question de la fusion des universités toulousaines s’est ajoutée celle de la sélection, concrétisée par le fameux « plan Vidal ». Et dans cette nouvelle phase de la mobilisation, les personnels BIATTS (bibliothèques, ingénieurEs, administratifEs, technicienEs de services et de santé) sont à la pointe de la contestation et du mouvement.

Il faut remonter à 2009 et au mouvement contre les réformes de Valérie Pécresse, pour trouver trace d’une mobilisation aussi importante des personnels de l’université du Mirail à Toulouse. Voilà maintenant plus d’un an que la bataille contre la fusion des universités toulousaines est en cours, et un tournant a été pris depuis le début de la lutte contre la sélection et le plan Vidal. Les personnels en lutte ont vu leurs rangs grossir, avec des assemblées générales qui ne faiblissent pas : entre 200 et 250 participantEs se réunissent ainsi régulièrement depuis plus d’un mois.

Ce « renouveau » de la mobilisation des personnels du Mirail contre la sélection et les conditions de travail à l’université s’inscrit dans un processus plus long. En effet, le mouvement de grève de l’UFR de psychologie en septembre-octobre 2016 avait mis en lumière une série de revendications largement reprises dans la mobilisation actuelle, sur les conditions de travail, les capacités d’accueil réduites, la précarisation des contrats…

Auto-organisation et liens avec la mobilisation étudiante 

À la suite du passage en force du projet de fusion par la présidence de la fac après une consultation qui avait donné le « contre » largement majoritaire, les personnels ont ouvert la voie aux étudiantEs, avec une première AG rassemblant plus de 200 BIATSS qui a entraîné la mise en place d’une grève active. S’en est suivi le mouvement que nous connaissons actuellement, organisé par des AG communes étudiantEs-personnels, dont la plus forte a rassemblé 1 200 personnes. Un lien qui s’est construit au fil des mois, et qui est au cœur de la mobilisation en cours : étudiantEs et personnels portent les mêmes revendications, au cours d’actions communes et au sein des mêmes cortèges dans les manifestations. Ils et elles se battent contre la fusion et la présidence qui la met en œuvre de force, mais aussi contre la sélection, pour la création de postes, l’augmentation des moyens et la titularisation des travailleurEs précaires.

L’autre élément essentiel pour comprendre la réussite actuelle de la mobilisation des personnels est l’auto-organisation du mouvement. Au-delà des assemblées générales, un comité de mobilisation ouvert à l’ensemble des personnels grévistes s’est constitué, qui permet la mise en œuvre concrète des décisions prises lors des AG et qui offre la possibilité à toutes et tous, syndiqués ou non, de prendre part à l’organisation et au développement de la mobilisation. Ce comité aura notamment permis la mise en place de piquets de grève devant des bâtiments clés de l’université, notamment la présidence et la Maison de la recherche, ce qui a étendu et radicalisé le conflit.

La détermination des personnels ne faiblit pas

Lors de l’assemblée générale des personnels du 12 février, qui a à nouveau réuni plus de 200 personnes, les grévistes ont voté la poursuite de la grève et l’envoi d’une délégation à la prochaine CNE (coordination nationale de l’éducation) à Paris, pour chercher à ce que leur mouvement fasse tache d’huile dans les autres établissements universitaires du pays, et discuter avec leurs collègues mobilisés des autres villes du plan de bataille plus général à adopter dans l’éducation pour faire reculer le gouvernement.

La détermination des personnels est toujours aussi grande pour aller jusqu’au bout, et obtenir satisfaction sur l’ensemble des revendications, qu’elles concernent les salariéEs, les étudiantEs ou l’ensemble de la communauté universitaire. Un exemple à suivre dans les autres universités pour faire plier Macron, Blanquer, Vidal et renvoyer leurs réformes dans les poubelles de l’histoire.

Julian Vadis 

 

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