La rentrée scolaire : des réformes à la révolte sociale

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Pour bien nous préparer à la rentrée, le ministre Blanquer a donné pas moins de 15 interviews ces derniers jours.

Il a expliqué sa méthode : il s’agirait de libérer les enseignants des contraintes qu’ils subissent de leurs hiérarchies. Mais il ne s’agit pas d’en finir avec les chefs d’établissements et les inspecteurs, ni même de diminuer le nombre d’élèves par classe (en augmentant le nombre d’enseignants). C’est l’exact contraire qu’il met en place.

Des réformes… sans les moyens matériels

Première réforme, la mise en place de CP à 12 élèves dans certains établissements d’éducation prioritaire (REP+). Cette mesure a détricoté la réforme de « plus de maîtres que de classes » et, sans espace supplémentaire, dans certains établissements, les CP sont à 24 élèves… avec deux enseignants ! Ce à quoi il faut ajouter le non-renouvellement des contrats aidés qui entraîne un départ des assistantEs (ATSEM).

Blanquer n’a pas autorisé les communes à organiser la semaine comme elles voulaient. Et si une école sur trois est revenue aux quatre jours, ce sont les communes rurales et les communes pauvres qui ont abandonné ces rythmes scolaires (85 % des écoles en Lozère).

En revenant sur la réforme du collège. Il n’a libéré aucun moyen supplémentaire. Il a autorisé chaque collège à faire comme il pouvait. Et c’est tout.

Il ne s’agit pas de défendre le bilan catastrophique de Vallaud-Belkacem, mais de comprendre la méthode de l’actuel ministre. On retrouve la logique, typique des ministres de droite, de l’école méritocratique. Comme si tous les jeunes avaient avec les mêmes chances, comme si l’école ne reproduisait pas les classes sociales ! Pour donner le change, Blanquer veut faire « sortir » quelques enfants de la classe ouvrière de leur situation sociale pour faire croire à « l’égalité des chances ». C’est en ce sens qu’il promeut les internats d’excellence.

Instaurer la sélection à l’université

Profitant de l’augmentation massive de nombre d’étudiantEs à l’université, Blanquer avance sur une réforme des lycées et du bac. Son objectif est clair : il souhaite que le bac devienne un diplôme de fin d’études secondaires, morcelé en blocs de compétence, avec la mise en place d’un contrôle continu important et d’uniquement quatre épreuves terminales en juin.

Au delà de la dévaluation de ce diplôme, cela permettrait d’instaurer une sélection à l’entrée de l’université, en fonction des compétences capitalisées par les jeunes bacheliers. La réforme du bac est prévue pour 2021, mais la sélection commencera dès cette année par une réforme de l’admission post-bac (APB), où chaque filière affichera ses « pré-requis. »

Le bac ne sera plus une garantie collective mais un papier récapitulant les compétences de chacun, acquises dans de lycées très différents. Les lycéenEs seront donc pistés en fonction de leur origine sociale et de leurs notes : la jungle de la concurrence entre les individus.

On a touTEs une raison de se mobiliser contre Blanquer !

Des écoles se sont mises en grève contre la disparition des ATSEM ou le manque d’enseignants. Des collèges et des lycées grondent sous les portes du ministère dès le 4 septembre pour réclamer plus de moyens.

Les enseignants doivent refuser l’atomisation des personnels et la casse des protections collectives, du statut, ainsi que l’autonomie et l’individualisation des qualifications. Car ce que met en place Blanquer c’est la transposition dans l’éducation nationale de la casse du Code du travail. C’est pourquoi nous serons en grève dès le 12 septembre, pour faire plier ce gouvernement.

Raphaël Greggan

 

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