Incompétence et improvisation dans l’accueil des enfants des soignants : danger pour tout le monde

La DGESCO (direction générale de l’enseignement scolaire) vient d’annoncer de nouvelles directives adressées aux écoles : l’élargissement de l’accueil des enfants de nouveaux personnels «affectés aux missions d’aide sociale à l’enfance», recouvrant les assistant-es de service social, techniciens d’intervention sociale et familiale (TISF), médecins, infirmières, puéricultrices, sages-femmes et psychologues.

Les enfants des personnels de soignants, accueillis dans les écoles depuis leur fermeture représentent un effectif très réduit, qui va donc être augmenté dans les jours qui viennent, y compris le week-end, en mobilisant entre autre les AESH «bénévolement». Les enseignants volontaires se relaient à deux par jour ou un par demi-journée dans des conditions dont le ministère n’a que faire. Les consignes données relèvent d’une vaste plaisanterie : «maximum de 8 enfants par classe en maintenant les gestes barrières, distance à 1m, lavage de mains 3 fois dans l’heure, y compris les élèves, nettoyage des poignées de porte et des surfaces de travail, éternuements dans la manche…». Comment respecter cela quand les enseignant-es n’ont pas de masques, pour la plupart pas de matériel pour faire respecter des mesures d’hygiène qui ne peuvent de toute façon être appliquées ? Faire laver les mains aux enfants de maternelle trois fois par heure ? Les maintenir éloignés de leur maîtresse de plus d’un mètre tout en assurant leur soin, bobos à soigner, matériel à distribuer, couchage, etc ?

L’accueil des enfants de soignants est une nécessité et de nombreux collègues se portent volontaires. Mais les conditions d’accueil sont inacceptables, tant pour la protection des personnels enseignants que des soignants eux-mêmes. Comme pour la soi-disant «continuité pédagogique», les personnels doivent se débrouiller seuls, inventer, trouver eux-mêmes des solutions entre inquiétude et colère ! Des solutions qui doivent être élaborées collectivement, entre intervenant-es concerné-es…

Licence créative commons

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.