Grève pour 135 heures au lycée Joliot-Curie de Nanterre

Presque toute la semaine de rentrée, depuis mardi, le lycée Joliot-Curie de Nanterre a été très majoritairement en grève reconductible. Juste avant les vacances, l’ambiance n’était pas à la joie : la DSDEN (Inspection académique) nous privait des 135h de dotation horaire globale qui nous sont nécessaires pour pouvoir fonctionner l’an prochain à l’identique dans ce lycée ex-ZEP (dédoublements, aide aux devoirs, limitation à 30 élèves par classe, etc.). Compte tenu des nouvelles classes et des nouveaux élèves, ainsi que des changements introduits par la réforme Blanquer, ce manque de 135 h annonce de grosses difficultés pour les personnels comme pour les élèves. Une première rencontre avec la DSDEN en février avait montré que la hiérarchie ne voulait pas bouger. Il fallait absolument en reparler immédiatement après les vacances, c’est pourquoi mardi (12/3), une heure d’information syndicale avait été posée. Il s’agissait aussi d’évoquer les réformes Blanquer et Parcoursup... Les raisons de la colère ne manquent pas.

Non seulement la DSDEN affichait son mépris sur les 135 heures manquantes, mais elle en a rajouté dans l'affront en nous faisant savoir pendant les vacances qu'à la rentrée prochaine, un poste de CPE devait être supprimé. C’est cette suppression de poste, sur laquelle chaque personne travaillant au lycée pouvait mettre un visage, qui a servi de détonateur. Là, la colère a explosé. Mardi, nous avons massivement décidé d'une grève reconductible cette semaine. Sur 71 enseignant.e.s présent.e.s, 69 collègues ont voté pour la grève et 2 se sont abstenu.e.s. Toute la vie scolaire, AED et CPE étaient en grève.

Dès mardi après-midi, nous avons été invité.e.s à nous exprimer à nouveau à la DSDEN. Nous avons explicité les exigences immédiates de la grève : récupération des 135h qu'ils veulent nous supprimer, pas de poste de CPE en moins, et paiement des jours de grève. Nous leur avons fait savoir que c'était à eux de payer la grève que leurs mauvais coups répétés nous imposaient de faire simplement pour pouvoir continuer à enseigner et encadrer les élèves dans un cadre à peu près vivable. Comme la DSDEN n'avait rien de concret à nous proposer et que l'enfumage était à nouveau au rendez-vous, nous nous sommes levé.e.s et nous sommes parti.e.s en leur disant que nous n'avions pas de temps à perdre, que la colère était massive, que les parents étaient au courant et que la grève allait continuer.

Nous avons immédiatement fait un communiqué de presse, décidé d’une occupation du lycée jeudi soir (14/3) et invité les parents à venir nous rencontrer dans ce cadre, pour parler de notre lutte et de ses raisons, à la fois locales et nationales. 

Vendredi 15/3 au matin, il était prévu une cérémonie d'inauguration du nouveau lycée (qui est notre lieu de travail depuis septembre 2017, après des travaux de plusieurs années et bien des péripéties). Celle-ci a été finalement reportée sine die, mais ces festivités programmées nous donnaient a priori l'occasion de nous adresser de façon offensive aux huiles du rectorat et de la région qui étaient invitées.

Depuis mardi, la DSDEN semble reculer sur le poste de CPE mais sans rien annoncer de pérenne, ni de façon officielle. La réunion avec les parents jeudi 14 a permis d’en rencontrer plusieurs dizaines, et de leur expliquer les raisons de notre grève, locales et nationales, ainsi qu'une autre action que nous avons décidée mardi : non remontée des notes, boycott des conseils de classe la semaine prochaine. Cette réunion a plutôt mal commencé (avec quelques parents remonté.e.s contre ce blocage des notes et des conseils, vu parfois sur le mode sempiternel de la "prise en otage" de leurs enfants). Mais les débats ont permis de bien avancer. A la fin, on peut même dire que la situation était retournée : les parents présent.e.s voulaient nous aider et se sont mis.es d'accord sur 3 journées école morte avec rassemblements devant l'inspection (DSDEN) à partir de mercredi prochain (20/3). Certaines mères d'élèves se disant même prêtes à bloquer le lycée. 

L'AG des GJ de Nanterre, prévenue, a décidé d'une motion de soutien à notre lutte. Et hier soir deux GJ sont venu.e.s nous soutenir sur place. Il s’est agi vendredi 15, tout en reconduisant la grève, de préparer la semaine qui s’annonce, avec en particulier la grève nationale interprofessionnelle du 19 et les journées lycée mort en coordination avec les parents, du mercredi 20 au vendredi 22. L'objectif est bien sûr de faire la jonction avec les mobilisations dans l'EN qui acquérir une dimension supérieure la semaine prochaine. Pour cela nous comprenons l’impérieuse nécessité de nous coordonner avec les autres établissements mobilisés, aux échelles régionale et nationale.

 Correspondant

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