Face au danger Blanquer, des mobilisations trop dispersées

Mardi 5 février, lors de la journée de grève interprofessionnelle, nombreux et nombreuses étaient les enseignantEs présentEs dans les défilés. 

À Paris, après la manifestation, ce sont plus de 90 enseignantEs venus de 57 établissements, principalement des collèges et des lycées, qui se sont retrouvés pour discuter des perspectives. TouTEs avaient en bouche la même idée : pour faire reculer Blanquer et stopper ses réformes, il faudra bien plus qu’une simple journée de grève de 24 heures. 

L’Éducation nationale attaquée de toutes parts

Les raisons de la colère ne manquent pas. La réforme du lycée va renforcer considérablement les inégalités entre établissements et la sélection des jeunes, au détriment des lycées les plus populaires. Dans les lycées professionnels, les horaires disciplinaires et les spécialités sont encore réduits, des suppressions massives de postes sont prévues, tandis que l’apprentissage est encore développé au détriment de la voie scolaire. Dans les collèges, les dotations horaires pour l’an prochain prévoient encore des diminutions d’heures et des suppressions de postes ! Et dans le premier degré, malgré l’autocongratulation du ministre Blanquer, l’imposition de CP à 12 sans moyens supplémentaires aboutit à l’alourdissement des effectifs dans les autres classes. Et tout cela alors que des classes ont encore été fermées à la rentrée !

Pour une grève reconductible dans toute l’éducation

Depuis la rentrée, nombreuses ont été les luttes dans le secteur de l’éducation. Dans les écoles maternelles et primaires, les personnels se sont mobiliséEs contre des fermetures de classe. Dans les lycées, mais aussi dans un certain nombre de collèges, la grève du 24 janvier avait été très suivie. Dès ce jour-là, la question d’entamer une grève dure, reconductible, avait été posée. À Paris, les discussions avaient porté sur la nécessité d’entrer en grève reconductible et de percer l’isolement en se coordonnant entre les différents établissements. 

Ainsi, pour l’assemblée générale qui se déroulait le 5 février après la manifestation parisienne, plusieurs établissements s’étaient d’ores et déjà mandatés en votant la reconduction le 6 et le 7 février. Au total, ce sont 13 établissements sur la région parisienne qui sont entrés en grève reconductible les 6, 7 et 8 février, tels le lycée Mozart au Blanc-Mesnil, le lycée Balzac à Mitry-Mory ou encore le lycée Rodin à Paris. Le vendredi 8 février, ce sont des représentantEs de 27 établissements qui se sont retrouvés en AG, un chiffre important pour un vendredi soir, montrant une réelle détermination des collègues mobiliséEs. 

Phénomène intéressant qu’on n’avait pas vu depuis plusieurs années : des établissements essaient de se structurer par AG de ville, comme à Montreuil-Bagnolet, où des AG communes ont lieu, ou encore à Épinay-sur-Seine, où les établissements se coordonnent. 

Le mardi 12 février, un nouveau temps fort de mobilisation était appelé par l’AG parisienne, appuyé par l’intersyndicale de Créteil SNES-SUD-FO-CGT. Un rassemblement a eu lieu à 11h devant le ministère de l’Éducation nationale, suivi d’une nouvelle AG de grève, et de nombreux établissements ont prévu des nuits d’occupation. 

Entrer dans une grève reconductible de tous les établissements scolaires sera la meilleure façon de faire reculer Blanquer et ses réformes. 

Correspondant 

Licence créative commons

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.