Éducation nationale Blanquer profite du déconfinement pour déréglementer et réprimer un peu plus

Alors que l’enseignement à distance a abandonné beaucoup d’élèves, laissés sans possibilité de progresser loin de l’équipe pédagogique qui les suit habituellement, le déconfinement suit la même logique et va même plus loin en proposant de retirer aux élèves une partie de leurs enseignements, culturels, artistiques et sportifs en particulier. Et gare à celles et ceux qui résistent au rouleau compresseur néolibéral : des enseignantEs mobilisés contre le bac Blanquer sont aujourd’hui durement réprimés.

«Sport, santé, culture, civisme » (« 2S2C »), le nouveau jouet de Jean-Michel Blanquer est bien plus dangereux qu’il ne peut paraître au premier abord. Si renforcer les dispositifs d’accueil des enfants afin de limiter les effectifs dans un but avant tout sanitaire peut paraître louable, il semble que 2S2C remplisse un tout autre objectif.

En venant confier aux communes l’accueil des élèves sur le temps scolaire pour des activités dévolues en temps normal aux enseignantEs, le ministre prend une mesure reposant sur l’inégalité territoriale avant tout. Les communes, en fonction de leur richesse et/ou de la couleur politique de la municipalité, pourront en effet mettre des contenus bien différents d’un endroit à un autre, des personnels bien ­différents statutairement aussi.

Renforcer les inégalités des élèves face à l’école, renforcer la précarité des personnels semble bien être l’objectif d’une mesure d’accueil supposée provisoire mais qui peut durer longtemps, à l’image de l’état d’urgence sanitaire qui semble ne pas trouver de fin.

Blanquer ne supporte pas la contestation de sa politique libérale-autoritaire

Mis en place pour maintenir les effectifs en dessous de 15 élèves, ce dispositif montre bien qu’une école qui veut accueillir les élèves dans des conditions sanitaires acceptables ne peut continuer d’entasser les enfants par paquet de 30 dans des locaux souvent vétustes, trop exigus et sans assez de toilettes et de lavabos.

L’investissement public doit donc aller de toute urgence à la rénovation et à l’extension du bâti scolaire, au recrutement des personnels statutaires nécessaires pour que 15 élèves devienne la norme !

L’hiver dernier, les mobilisations contre le bac 2021 version Blanquer ont été nombreuses. Beaucoup de lycées ont vu la mise en place des épreuves anticipées « E3C » perturbées par les grèves et les manifestations des lycéenEs et des personnels. Après la crise sanitaire, le ministre reprend la répression contre les protagonistes de ces mobilisations : à Strasbourg, un assistant d’éducation (Yann) est menacé de licenciement ; à Melle (Deux-Sèvres), trois enseignantEs sont suspendus pour les mêmes motifs. Ce gouvernement n’a pas d’autre réponse à la contestation légitime de ses contre-réformes que la répression. Toutes et tous ensemble, il faut les arrêter.

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