E3C dans les lycées : l’épreuve de force n’est pas finie

Le syndicat majoritaire chez les chefs d’établissement (le SNPDEN-UNSA, que l’on ne peut pas accuser de gauchisme) a compté 43% de lycées perturbés lors du passage des épreuves communes de contrôle continue (E3C) en janvier et février. Du jamais vu dans l’éducation nationale !

À tous les niveaux de l’institution, on reconnait que ces épreuves sont lourdes et inutiles.

Passe ton bac sinon t’auras la BAC
Les E3C sont des épreuves locales qui légalisent les différences entre les lycées. Le contenu de l’épreuve est imposé d’en haut (par une banque de sujets nationaux). Il est déconnecté des pratiques pédagogiques des enseignantEs. Les E3C ont lieu en cours d’année (février et avril), ce qui ne laisse pas le temps long nécessaire à l’acquisition des connaissances. Voilà les principales raisons qui mobilisent le monde enseignant contre cette réforme du bac.
Dans certains lycées, où les jeunes, les parents d’élèves et les profs se sont levés contre ces aberrations, la réponse de l’institution a été la matraque et la lacrymo. Dans certains lycées, ce sont des policiers qui ont encadré ces épreuves. Dans d’autres, les enseignantEs n’ont pas pu rentrer. À Rennes, pas moins de six camions de CRS attendaient les jeunes devant leur lycée avant le passage de leurs épreuves. Voilà précisément comment Blanquer a transformé le bac, pour en faire un stand d’entraînement pour policier énervés !

Corriger des copies… sans copies
La phase suivante du bac Blanquer est la correction des copies. Et chaque copie sera numérisée et conservée pendant trois ans.
Et là encore, on constate de nombreux problèmes. À commencer par la baisse du paiement des corrections (5 euros par copie dans l’ancien système pour passer à 1,40 euro, en moyenne, avec les E3C). Ensuite, le bilan carbone dramatique du stockage informatique. Et, Enfin, chaque lycée a reçu un scanner à 3200 euros qui ne reconnait que l’encre foncée (dommage pour les croquis en histoire-géo). Mais qu’importe, Blanquer tient absolument à ce protocole et rêve que les corrections soient effectuées par des algorithmes informatiques. Comme si l’apprentissage et l’enseignement n’était pas avant tout un rapport entre des humains… Au-delà d’un délire futuriste, il s’agit non seulement de contrôler les élèves mais aussi les enseignantEs et, en dernière instance, de continuer à déshumaniser l’École.

Blanquer et son monde doivent partir !
En plus de cette première session d’E3C, d’autres batailles commencent à voir le jour dans l’éducation : non seulement, continuer à se battre contre la réforme des retraites, mais aussi contre les suppressions de postes et enfin contre la deuxième session d’E3C pour avril. Notre mot d’ordre est clair : contre la casse de l’éducation, retrait de toutes ces réformes et démission de Blanquer !

 

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