Blanquer, ministre de la matraque

En plein confinement, un arrêté vient d’être publié au Journal officiel1, autorisant l’Éducation nationale à « acquérir et détenir des matraques de type bâton de défense ou tonfa, matraques téléscopiques et tonfas téléscopiques, relevant de la catégorie D ». Autrement dit, Blanquer arme ses Équipes mobiles de sécurité (EMS), qui deviennent de facto les CRS de l’Éducation nationale.

Des profs, pas des flics !

Exit donc leur rôle « éducatif », qui ne trompait d’ailleurs plus grand monde. Ces derniers mois, les EMS avaient en effet été largement mis à contribution pour réprimer la contestation des lycéenEs et des enseignantEs mobilisés contre la réforme du lycée. On avait alors pu juger de leurs méthodes, qui n’avaient presque rien à envier à leurs cousins en uniforme bleu marine, excepté l’armement. Un « oubli » réparé par Jean-Michel Blanquer, qui complète sa panoplie du ministre le plus autoritariste et droitier que l’on ait connu depuis longtemps dans l’Éducation.

Pour l’instant, il est prévu que cette mesure ne s’applique qu’à Mayotte. Ce qui, d’un point de vue symbolique, est encore pire. Cela ne fait que confirmer que la France mène sur ce territoire une politique résolument colonialiste.

Plus que jamais, avec la crise sanitaire et scolaire que nous sommes en train de traverser, l’Éducation nationale a besoin de postes d’enseignantEs et d’assistantEs d’éducation, de moyens matériels, pas de matraques ! Pour Mayotte comme pour ailleurs, il est grand temps de dégager Blanquer qui confond son ministère avec celui de l’Intérieur !

Licence créative commons

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.