Edito : Autonomie ou opposition ?

« C’est le moment d’affirmer notre autonomie ! » a lancé Jean-Luc Mélenchon en clôture de la convention du PG consacrée aux élections 2014, en réponse à Pierre Laurent qui prône le rassemblement avec la majorité gouvernementale. Et de dénoncer la politique et les capitulations du gouvernement, « voilà pourquoi il faut se fâcher et maintenir, quoi qu’il en coûte, le feu de la colère. »
Jean-Luc Mélenchon module cependant sa colère. Celle-ci se concentre sur les grandes villes de plus de 100 000 habitants — ailleurs, il faut voir selon les situations — et principalement sur Paris. « Je déplore l’exemple désastreux qui sera donné si, à Paris, un des partenaires décide de quitter le Front de gauche pour une liste d’union », a-t-il affirmé tandis que Danielle Simonnet, tête de liste PG dans la capitale, estimait qu’en « aucun cas on ne peut troquer l’Humain d’abord pour quelques places d’abord ». Mélenchon brandit la menace : « Personne n’est obligé d’être membre du Front de gauche. C’est un choix libre. On vient si on est d’accord avec l’indépendance ! »

La crise est sérieuse puisque sur Paris, la majorité du conseil départemental du PCF s’est prononcée pour des listes d’union avec le PS. Les militants trancheront cette semaine. La crise est sérieuse et vient souligner et accentuer la contradiction qui taraude le Front de gauche : être dans la majorité gouvernementale ou s’opposer à elle, il faut choisir. Malheureusement, Mélenchon lui-même ne choisit pas. L’autonomie du 1er tour vise à construire un rapport de forces pour négocier le rassemblement au second. Pour notre part, nous militons pour un tout autre rassemblement, le rassemblement d’une opposition de gauche à ce gouvernement des riches et des patrons. Dans bien des villes, nous discutons avec nos camarades du PG, parfois du PCF, de construire des listes pour les élections municipales. Non seulement des listes autonomes mais d’opposition à ce gouvernement et à la politique que sa majorité met en œuvre au niveau de tout le pays, indépendantes au premier tour comme au second, des listes qui soient des outils pour porter « le feu de la colère » dans les mobilisations, pour imposer nos droits.

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