« Selon que vous serez puissant ou misérable...

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…Les jugements de la Cour vous rendront blanc ou noir ». La Fontaine, une fois encore, n’aura pas été démenti. L’ancienne ministre de l’Économie de Sarkozy, actuelle directrice du FMI, Christine Lagarde, ne subira aucune peine ni de prison, ni financière, ni même d’inscription au casier judiciaire... alors qu’elle a pourtant été reconnue coupable dans l’affaire Tapie.

Avant le procès, elle a eu droit à tous les égards. Une juridiction spéciale d’abord, la Cour de justice de la République, chargée de juger les délits commis par des ministres au cours de leur fonction. Un procureur plein d’indulgence ensuite, le représentant de l’État, le procureur du ministère public, qui avait demandé... la relaxe. Une accusation bénigne, de « négligence », enfin ! Une « négligence » qui a coûté à l’État la bagatelle de 405 millions d’euros qui ont été versés à Bernard Tapie, l’homme d’affaires ami de Mitterrand avant de devenir l’obligé de Sarkozy. Une somme qui comprend 45 millions d’euros, entièrement déductible d’impôts, que Tapie a reçue au titre du préjudice moral qu’il aurait subi dans l’affaire !
La ministre ô combien négligente n’avait cependant pas oublié de se prononcer en faveur d’un arbitrage privé quand Tapie aurait probablement perdu si l’affaire était restée entre les mains de la justice. Lagarde a déclaré avoir agi en fonction de « l’intérêt général » pour en finir avec une procédure qui traînait en longueur et coûtait selon elle cher à l’État. Il s’est avéré par la suite que l’arbitrage qui avait accordé ces 405 millions d’euros à Tapie était complètement faussé par la présence d’un de ses amis parmi les juges. Tapie a été condamné à rendre cette somme mais il a fait appel et l’affaire traîne…

La justice sait être expéditive quand elle condamne le frère d’Adama Traoré à 8 mois de prison ferme pour avoir protesté contre l’assassinat de son frère par la police. Elle n’hésite pas non plus à envoyer des jeunes en prison pour le vol d’une voiture. Elle condamne des syndicalistes à des amendes et à de la prison avec sursis pour avoir dénoncé la fermeture de leur entreprise comme ceux de Goodyear ou combattu les licenciements comme à Air France.
Deux poids deux mesures : une justice de classe.

Galia Trépère

 

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