Il y a 10 ans, la crise

Dans la nuit du 14 au 15 septembre 2008, la banque américaine Lehman Brothers fait faillite. Les bourses mondiales plongent et, dans les semaines qui suivent, la croissance économique des États-Unis et de l’Europe commence à s’effondrer. Ainsi a éclaté la plus grande crise économique depuis celle des années 1930.

En fait, la faillite de Lehman Brothers ne s’est pas produite dans un ciel serein. Elle a été précédée par la crise des crédits hypothécaires étatsuniens. Encouragés par le gouvernement, les organismes de crédit avaient commencé à prêter à tout-va aux ménages désireux d’acquérir des habitations, avec des taux d’intérêt variables qui, après quelques années, augmentaient fortement. Mais tout s’est emballé et l’effondrement des prix immobiliers a commencé. Des centaines de milliers de ménages se sont retrouvés incapables de payer les échéances de leurs prêts et les organismes prêteurs ont commencé à faire faillite. Ces derniers étaient souvent liés à des banques. Banques centrales et gouvernements commencent alors à déverser des milliards de dollars et d’euros pour éteindre l’incendie et sauver les banques.

À l’arrière-plan, au niveau de l’ensemble de l’économie, se trouvait un taux de profit dont le recul n’était que partiellement compensé par l’exploitation et la précarisation des travailleurEs, tandis que la finance avait été libéralisée sans entrave. Il n’y a pas de capitalisme sans crise et, si les banques ont été sauvées, les salariéEs et les peuples ont payé la crise par une hausse du chômage, une stagnation des salaires et un recul des droits sociaux, tandis que les plus riches faisaient plus que tirer leur épingle du jeu.

Où en est-on aujourd’hui ? Deux experts au service du capital se sont exprimés ces derniers jours. D’abord l’ex-président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet, qui considère que la situation financière actuelle est « aussi dangereuse » qu’au moment de la chute de la banque Lehman Brothers. L’ancien président du FMI, Dominique Strauss-Kahn, va dans le même sens et ajoute cyniquement à propos de la politique menée par les États et les banques centrales aux USA et en Europe : « C’est une politique qui consiste fondamentalement à renflouer le système financier et donc à servir les plus riches de la planète. »

On ne sait pas quand se produira la prochaine crise financière, mais elle est en route, dans un monde toujours livré à l’avidité des capitalistes et où la politique de Trump accroît les contradictions entre les États. Désordres du climat, de l’économie et de la société, la réponse est la même : il faut agir pour changer le monde. 

Henri Wilno 

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