HSBC : La course aux profits comme cœur de métier

-A +A
Économie
actualité

En 2015, HSBC annonçait la suppression de 50 000 postes dans le monde. Pour la France, le nombre de salariéEs est passé de 13 000 en 2007 à un peu moins de 9 000 en 2016.

Empêtrée dans des scandales financiers de blanchiment d’argent, de fraude fiscale ou encore dans la vente de produits financiers toxiques avec des amendes colossales à la clef, HSBC est une des plus importantes banques au monde, présente dans près de 80 pays. Des milliers de postes devraient être (re)localisés dans des pays à « faible coût/haute qualité » de main-d’œuvre.

Après un premier plan entre 2011 et 2013, qui s’était soldé par la suppression de 50 000 emplois et la vente de 70 filiales, ce second plan vise à faire 4,5 à 5 milliards de dollars d’économie par an d’ici 2017. Déjà en difficulté au 3e trimestre à cause des taux bas, les incertitudes se sont aggravées avec le vote du Brexit.

Plan de départs « volontaires »...

Pour la France, suivant la nouvelle mode, la direction ne gère plus que des chiffres et ne parle que d’ETP (Équivalent temps plein). Elle chiffre donc le nombre de suppression à 466 alors qu’en fait 533 salariéEs sont concernés.

L’accord d’accompagnement du projet a déjà été adressé par la direction à la Direccte une première fois. Celle-ci a estimé que le projet était vide, et que les mesures financières étaient trop faibles compte tenu de la taille, du poids, et des résultats de HSBC France.

La direction a donc ouvert des négociations et toutes les organisations syndicales ont fini par signer après 15 longues réunions de négociation, avec validation par l’administration le 2 février dernier. Pour accompagner ce plan de départs volontaires, la direction a mis en place un CFCS (Congé de fin de carrière et de solidarité) permettant aux personnes à moins de 48 mois de la retraite d’être totalement dispensées jusqu’à la liquidation de leur retraite à taux plein payé 75 % du salaire.

Des attaques tous azimuts

Dans le même temps, la direction prévoit d’autres restructurations : transfert de l’activité courrier (près de 20 salariéEs) au sein d’une filiale de La Poste, passage à une banque numérique avec le traitement des demandes clients à distance...

Pour tenter de faire passer ces mesures, la direction tente de modifier la représentation du personnel (CE unique, diminution du nombre de CHSCT) et d’imposer le vote électronique. Les élections professionnelles prévues début mai ­concentreront tous ces enjeux.

Robert Pelletier

 

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.