Goldman Sachs : Qui paiera les dégâts?

Alors qu’analystes et journalistes craignent de plus en plus l’explosion d’une nouvelle crise financière, les dégâts causés par les banques lors de la précédente en 2008, la fameuse crise dite des subprimes, sont loin d’être réparés... Goldman Sachs, une des grandes banques à l’origine de la crise, a annoncé être parvenue à un accord avec les «  régulateurs financiers  » américains, acceptant de payer 5 milliards de dollars (4,6 milliards d’euros)... pour stopper les poursuites dont elle faisait l’objet !

Ce chiffre peut sembler donner le tournis, il ne représente pas grand chose pour une grande banque qui a pour partie fait sa fortune sur la vente de titres immobiliers pourris à ses clients. En 2005-2007, Goldman Sachs avait commercialisé des produits titrisés, liés à des prêts hypothécaires. Une technique permettant de transformer des créances en produits financiers, ensuite émis sur le marché des capitaux. Lorsque les prix de l’immobilier se sont effondrés, les investisseurs-clients ont vu fondre comme neige au soleil la valeur de ces produits. Des pratiques qui violent les lois fédérales étatsuniennes en matière de crédit. Goldman Sachs ne respectait même pas les règles d’une des économies de marché les plus puissantes au monde...

D’autres grandes banques américaines responsables de la crise financière de 2008 ont déjà payé : JP Morgan (13 milliards de dollars), Bank of America (50 milliards de dollars)... Soit en tout, plus de 180 milliards de dollars. Des sommes pas si élevées, puisque depuis 2007, ces banques ont fait 700 milliards de dollars de profits : des sommes quatre fois plus importantes que les amendes !
« Nous sommes heureux d’avoir trouvé un accord de principe pour résoudre cette affaire », a déclaré Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman Sachs. Tu m’étonnes... Signalons que celui-ci devra se contenter pour l’année 2015 d’une rémunération de 23 millions de dollars, soit 1 million de moins que l’année précédente (première baisse – de 4 % – depuis quatre ans)... mais il y ajoutera 14,7 millions de dollars de stock-options et un bonus en liquide de 6,3 millions de dollars, selon le Wall Street Journal. Pleure pas la bouche pleine...

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