Course aux armements, jusqu’où ?

En 2015, les dépenses mondiales d’armement étaient estimées à 1 676 milliards de dollars, soit 2,3 % du PIB mondial. Elles ont encore augmenté en 2016 et semblent devoir continuer sur leur lancée en 2017. Les États-Unis en réalisent le tiers avec 622 milliards, et Donald Trump a promis une relance des armements nucléaires et des dépenses de sa marine...

Dans l’Otan a été fixé un objectif de 2 % du PIB pour les dépenses militaires. Seuls quatre pays (dont le Royaume-Uni, au troisième rang des dépenses mondiales) sur les 28 États membres de l’Union respectent déjà cet objectif. Et si les autres devaient faire de même, cela signifierait un effort collectif de 100 milliards de dollars par an... En France (septième rang mondial des dépenses), l’objectif de 2 % a été évoqué durant la présidentielle. La Suède a décidé de rétablir le service militaire obligatoire, de même que la Lituanie.

Outre la « lutte contre le terrorisme », prétexte aux interventions militaires multiples, la justification avancée est la pression de la Russie (sixième rang) qui a lancé dès 2008 un plan de modernisation de son armée. Dans le Pacifique, le budget militaire de la Chine (deuxième place) a explosé ces dernières années : elle se dote notamment d’une flotte militaire destinée à renforcer sa place dans son environnement maritime... ce qui pousse tous ses voisins à réagir ! L’Inde vient de voter un budget militaire en hausse de 8 %. Au Moyen-Orient, malgré la baisse du pétrole, l’Arabie saoudite maintient un budget militaire énorme. L’Iran est également en pointe, sans parler d’Israël qui bénéficie d’une importante assistance américaine. Et on pourrait compléter cette liste avec des dizaines d’États sur tous les continents...

La course aux armements généralisée renforce les risques de guerre et constitue un gaspillage de ressources dont bénéficient les grands exportateurs d’armes, dont la France fait partie. Pourtant, avec un investissement annuel égal à 267 milliards de dollars par an pendant les quinze prochaines années (soit moins de 20 % des dépenses militaires), il serait possible d’éliminer la faim dans le monde d’ici à 2030, estime l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans un rapport présenté en 2015…

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