« Vinci dégage ! Ni les thunes ni le bitume ! »

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Le week-end des 1er et 2 juillet, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Saint-Maurice-sur-Dargoire, dans l’ouest lyonnais contre le projet de l’A45. 

Le rassemblement fut incontestablement une réussite, renforçant encore un peu plus la détermination des opposantEs à cette autoroute. Une large unité a pu s’exprimer, tant du côté des paysans (375 fermes sont menacées), que des nombreuses organisations militantes présentes. Depuis des années maintenant, les pouvoirs publics parlent de cette possible autoroute entre Lyon et Saint-Étienne. Plus précisément, elle relierait Brignais à La Fouillouse et serait censée répondre aux nombreux problèmes d’embouteillages sur l’A47 déjà existante. Il est vrai que ces difficultés sont bien connues de toutes les personnes qui ont à faire le trajet Lyon-Saint-Étienne quotidiennement. Mais à creuser un peu, ce projet est bien moins utile qu’il n’y paraît.

Un projet à plus de 1,2 milliard : jackpot pour Vinci et catastrophe écologique 

L’A45 sera financé sous la forme d’un partenariat public-privé (PPP). Cela signifie que pendant des dizaines d’années, l’État devra reverser d’énormes sommes d’argent à l’entreprise ayant construit l’autoroute, en l’occurrence Vinci. Et finalement, c’est l’assurance d’une dette pour les générations futures, au profit d’une poignée d’actionnaires privilégiés. L’A45 est également une catastrophe écologique annoncée. Alors que les pics de pollution sont de plus en plus fréquents, que le réchauffement climatique n’a jamais été aussi menaçant, les capitalistes produisent toujours plus. Toujours plus de voitures, toujours plus d’autoroutes, toujours plus de béton : en 10 ans, c’est 1 % du territoire français, soit l’équivalent de la surface d’un département, qui a été bétonné. Et tout indique qu’il faudrait au contraire ralentir et même inverser la tendance.

Une lutte anticapitaliste à mener : ne rien lâcher !

Ce projet est d’autant plus inutile et scandaleux que d’autres solutions seraient envisageables. Il serait par exemple bien moins coûteux et plus durable de rénover l’A47 déjà existante. Autre mesure indispensable : un financement massif des transports en commun avec la mise en place des transports publics gratuits pour touTEs.

En juin, le projet de l’A45 a été validé par le Conseil d’État. Mais il doit encore être ratifié par le ministère de la « transition écologique et solidaire », avec à sa tête Nicolas Hulot. Le fait qu’il ne se soit pas encore prononcé sur le sujet peut laisser quelques espoirs, mais n’est pas pour autant rassurant : le courage politique de Nicolas Hulot pourrait s’arrêter là où commencent les intérêts capitalistes.

Les opposantEs n’ont pas grand-chose à attendre de ce gouvernement et de ce ministère. Au contraire, il nous faut combattre sa politique de « capitalisme vert », ce qui passe par des luttes massives. Le rassemblement de Saint-Maurice-sur-Dargoire était une étape. Continuons le combat !

Correspondant