SNCF-RATP : une grève sous le signe de l’écologie !

Le service public du rail, une alternative à la voiture. 

La grève des agentEs du transport ferré débutée le 5 décembre a certes eu pour déclencheur le projet de remise en cause des retraites. Mais si elle est aussi longue et déterminée, c’est que les agentEs de ces deux services publics vivent et constatent depuis longtemps une dégradation et une remise en cause du transport ferré. Les droits de retrait à la suite de l’accident ferroviaire du 19 octobre, les grèves sans préavis du Technicentre de Châtillon le 21 octobre, du Landy et de Lyon début novembre étaient les signes annonciateurs d’un attachement profond de la base des cheminotEs à leur mission de transport en toute sécurité.

Dégradation régulière des transports ferrés

Et ils et elles ne sont pas les seulEs à être exaspérés. La dégradation régulière des transports ferrés a des effets sur l’ensemble de la population. C’est ce que dénonçait, en 2018, la FNAUT (Fédération nationale des associations d’usagers des transports) Auvergne-Rhône-Alpes : « Les investissements sur les infrastructures sont nettement insuffisants […]. La qualité de service de la SNCF est trop médiocre. Encore vendredi dernier, les usagers vers la ligne de Bourgoin et Grenoble qui rentraient le soir après leur travail ont subi 3 h 15 de retard pour un train en panne ! Trop de trains sont surchargés car la Région manque de rames. Il n’y a pas assez de rames pour assurer concomitamment les trains, effectuer la maintenance et les réparations alors que le trafic augmente. […] Autres motifs de colère : la fermeture de guichets ou de gares, ou des travaux pour maintenir certaines petites lignes accusés d’avancer "à l’allure d’un escargot". Deux lignes ont par ailleurs été fermées : Saint-Claude–Oyonnax et Clermont-Ferrand–Saint-Étienne. Des fermetures que la Fnaut met en parallèle avec les travaux autoroutiers qui représentent plusieurs centaines de millions d’euros d’investissement. […] La FNAUT Auvergne-Rhône-Alpes demande à la Région de prendre conscience de l’urgence climatique et de changer radicalement de politique en sollicitant l’État et la SNCF », concluent ainsi les usagerEs courroucés. 

Augmentation importante de l’usage de la voiture

Ainsi, en Auvergne-Rhône-Alpes, région asphyxiée par la voiture, il n’est pas surprenant que les associations d’usagerEs réclament le développement du rail et des moyens financiers. Le transport routier y représente 54 % des émissions d’oxyde d’azote, 17 % des émissions de particules et 35 % des émissions de gaz à effet de serre1. Le trafic de l’autoroute A7 n’explique pas tout. En province la disparition des transports collectifs a pour effet une augmentation importante de l’usage individuel de la voiture pour le travail comme pour les loisirs. 

Pour les cheminotEs en grève, il est urgent de recréer la Sociéte nationale des chemins de fer français ! Suppression de postes, absence d’investissement dans l’entretien des voies et des matériels, fermeture de lignes, privatisation des TER et bientôt des grandes lignes, management agressif avec de nombreux suicides d’agentEs, prix du billet inabordable : voilà, au-delà des retraites, les raisons de cette grève. Et voilà pourquoi ils et elles ont besoin du soutien de toute la population. Fin du monde et fins de mois, une même lutte ! 

Commission nationale écologie 

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