À Rouen, Macron passe, la liberté de manifestation trépasse

Mercredi 30 octobre, Emmanuel Macron est venu faire un petit tour à Rouen... C'était sur le chemin de son long week-end dans un relais-château 5 étoiles à Honfleur ! Plus d'un mois après l'incendie de l'usine Lubrizol classée Seveso-niveau haut, le président de la République s'est « osé » à ce déplacement, après avoir fait défiler un à un ses garde-chiourmes, de Philippe à Buzyn, en passant par Blanquer et Borne, pour assurer à tout le monde que les odeurs provoquées par l'incendie étaient « gênantes » mais « pas nocives » ou encore que « les produits peuvent être irritants sur le moment ». Forts du rapport de ces « experts », il faudrait donc conclure que la quantité totale de produits chimiques brûlés qui s’élève à 9505 tonnes, ainsi que le panache de fumée noire de 22 kilomètres étaient polluants... mais pas trop !

C'est pour dénoncer ce mensonge d'État et cette catastrophe sanitaire, sociale et industrielle, qu'une grosse centaine de personnes ont tenté de manifester dans les rues de la ville. Nous avions appris tard dans l’après-midi la venue de Macron à Rouen… CGT et Solidaires ont appelé très vite l’ensemble du « collectif unitaire Lubrizol » à organiser un rassemblement à 18h, le NPA a bien sûr répondu présent. On ne savait pas trop où se rendrait Macron. On avait donc appelé à 18h au Palais de Justice, entre deux, on a appris qu’il allait à la mairie de Rouen, rencontrer le maire, Yvon Robert ex-PS et dévoué à LREM désormais et qui n'a jamais cessé de dédouaner Lubrizol. La ville était quadrillée par des flics en tout genre avec des herses fermant certaines rues disposées en centre-ville. On a quand même décidé de partir en manif vers l’hôtel de ville… on s’est fait vite bloquer une première fois rue du Gros-Horloge. Ensuite on est repartis dans les rues du centre. Mais quelques minutes plus tard, on s’est fait nasser à une grosse trentaine après que les flics ont coupé en deux le cortège. La nasse a duré deux heures, de manière tout à fait illégale, avec des flics sans matricule, aucun gradé à proximité pour avoir des informations sur notre « nassage ». Un jeune manifestant qui s’est un peu lâché sur les flics s’est fait arrêter au sein de la nasse pour « outrages ». Il a passé 24 heures en garde-à-vue et est ressorti heureusement « seulement » avec un rappel à la loi. 

Pendant ce temps-là un autre groupe de manifestants s’est fait nasser près de l’hôtel de ville aussi pendant deux heures. Macron a quand même subi cela dit, sifflets, huées, cris « Macron démission » à sa sortie de la mairie. Puis sa déambulation dans les rues et les bars de la ville n’a pas été aussi tranquille que prévue, il s’est fait interpeller plusieurs fois, malgré le dispositif répressif délirant et les mises en scènes de communication ! Macron est reparti vers son palace de Honfleur, laissant les riverains avec la pollution de Lubrizol et toutes celles et ceux qui sont décidés à obtenir « vérité et justice » encore plus déterminés dans leurs actions futures, dont la prochaine manifestation le 26 novembre.

 

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