Réseau Sortir du nucléaire : Échec du congrès de rénovation

Le premier congrès du réseau Sortir du nucléaire qui s’est tenu les 12, 13 et 14 février à Angers a approfondi les divisions au lieu de réunifier le mouvement.

Depuis 2010 où le porte-parole du réseau Stéphane Lhomme et la majorité du CA avaient été licenciés et exclus du CA, les groupes antinucléaires sont profondément divisés. La nouvelle équipe, élue en janvier 2015 pour réhabiliter les exclus, modifier le fonctionnement du réseau et préparer ce congrès, devait présenter son bilan et faire voter une motion donnant le pouvoir de décision au congrès. Après de longs débats où les partisans d’un refus du congrès (appuyés par les salariés) ont multiplié les interventions, le CA sortant a été validé par plus de 62 % des mandats et un vote à 52 % pour l’ouverture du congrès, manifestations d’une volonté des groupes locaux de poursuivre la démarche de rénovation animée par un CA issu de leurs rangs.

Mais les multiples pressions exercées durant l’année 2015 sur l’équipe sortante tant par le collectif des salariés que par les tenants de l’exclusion de Stéphane Lhomme ont fait leur œuvre. L’équipe sortante s’est divisée en deux plateformes similaires sur les réformes à mettre en œuvre mais divergentes sur les moyens d’y parvenir. Le pouvoir pris par le collectif salarié sur le réseau était donc au centre des débats, et les moyens d’y mettre un terme ont empêché les deux plateformes de fusionner pour confirmer les 62 % de leur bilan commun.

Des questions qui restent en suspend

Résultat, les licencieurs de 2010 sont revenus en force au CA, et bien que fortement minoritaires, ils disposent de 5 membres au CA contre 4 pour l’équipe qui souhaite changer les choses, mais sans toucher au pouvoir considérable pris par les salariés. Alors que le réseau a déjà perdu de nombreux groupes ces dernières années, au lieu de réunifier le mouvement antinucléaire, ce congrès risque donc de provoquer de nouveaux départs et de nouvelles frustrations.

Les questions de fond restent donc posées : l’urgence de fermer immédiatement les réacteurs de plus de 30 ans et les délais de sortie définitive du nucléaire ; la gestion des déchets ; le démantèlement des installations nucléaires ; la défense d’un service public de l’énergie ; la lutte contre la sous-traitance dans les centrales ; l’organisation d’échanges et de batailles communes entre les groupes locaux...

Le NPA, dont les militantEs participent sur le terrain à ces groupes locaux, souhaite qu’à défaut d’un réseau réunifié, la volonté, très partagée, de travailler ensemble s’illustre à l’occasion des luttes qui se développent : à Bure contre le projet d’enfouissement des déchets ; au rassemblement contre l’EPR les 1er et 2 octobre à Flamanville ; pour la défense de Dominique Malvaud de Stop nucléaire Drôme-Ardèche le 10 mars devant le tribunal de Valence ; dans la campagne pour la fermeture immédiate de Fessenheim...

Commission nationale écologie

 

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