Planète en danger

Les dangers du réchauffement climatique sont connus depuis longtemps. De conférences en rapports scientifiques, la crise écologique qui touche le climat, la biodiversité, la forêt… est parfaitement documentée et chiffrée.

Le dernier rapport spécial du GIEC d’octobre 2018 (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), a montré qu’une différence entre une augmentation de la température de la Terre de + 1,5°C et une de + 2°C, signifierait 10 millions de personnes en plus menacées par la montée des océans. C’est la perte de plus de la moitié de l’habitat naturel pour 4 % des vertébrés, 6 % des insectes et 8 % des plantes à 1,5 °C, contre respectivement 8 %, 18 % et 16 % à 2 °C. Ce sont aussi des vagues de chaleur et des pluies torrentielles plus fréquentes et plus intenses, des rendements des cultures céréalières plus faibles, une destruction encore plus dramatique des récifs coralliens…

« Planète étuve »

Selon de récentes recherches, le seuil de basculement vers une « planète étuve » pourrait même être franchi à 2 °C, ce qui provoquerait la dislocation brusque des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique Est. La hausse de plusieurs mètres du niveau des océans déjà fortement impactés par le réchauffement du climat (acidification des eaux, pollution…) aurait des effets en cascade : libération des gaz contenus dans le permafrost, réchauffement des océans qui réduirait leur capacité d’absorption du carbone… L’accélération de la fonte des glaces menace la vie de centaines de millions de personnes vivant dans des zones basses côtières ainsi englouties. Les derniers scénarios prévoient une hausse de 77 cm du niveau de la mer d’ici 2100 sans réduction des émissions de gaz à effet de serre (scénario « RCP 8.5 »), et de seulement 32 cm (scénario « RCP 4.5 ») en cas de réduction modérée.

La déforestation galopante favorise aussi la progression des émissions de gaz à effet de serre (GES). Moins de forêts, moins de capacités d’absorption des GES, mais aussi attaque contre la biodiversité (la forêt héberge près de 80 % des espèces terrestres), diminution de la qualité des sols et de leur fertilité, augmentation des catastrophes telles les ­glissements de terrains…

Tout doit être mis en œuvre pour que la limite de 1,5 °C maximum soit respectée.

Pourtant les émissions de GES continuent d’augmenter, disqualifiant les gouvernants soucieux de respecter les engagements en faveur des capitalistes. Les déclarations des États, année après année, ne sont que fausses intentions et promesses de pacotille. Et pour cause, agir signifierait s’attaquer au fondement même du système capitaliste, de son exploitation des ressources naturelles, des modes de production et de consommation qu’il impose. La remise en cause radicale pourtant nécessaire ne fait pas partie des missions que se sont fixées les gouvernants. À nous, jeunes, vieux, travailleurEs, précaires, privéEs d’emploi, quelle que soit la couleur de notre gilet, de nous unir et d’imposer les changements qui sauveront nos vies, la vie.

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