Nucléaire, le monde d’avant (Épisode 1)  : tourmente financière et risque de catastrophe sanitaire

Comprendre leur « monde d’avant » pour construire notre « monde d’après » : avec cette série en sept épisodes, l’Anticapitaliste dresse un état des lieux du nucléaire en France.

L’épisode du Covid a démontré l’incapacité du gouvernement à répondre à une crise sanitaire : la santé des profits avant la santé publique… Le système public de santé, « non profitable » et privé de moyens, peinait à répondre aux urgences en situation normale. Alors, comme l’avaient annoncé les hospitalierEs, il a implosé face à la pandémie.

La France, un bon candidat pour la prochaine catastrophe

Le mensonge et l’omerta d’État ont tenté de masquer ce fiasco politique. La question se pose désormais : comment ce gouvernement, incapable de gérer un stock de masques pourrait-il nous protéger en cas de crise nucléaire ? Question angoissante mais légitime. Car après Tchernobyl et Fukushima, notre pays est un bon candidat pour la prochaine catastrophe. Avec 150 installations civiles et militaires réparties sur tout le territoire, dont 19 centrales EDF abritant 58 réacteurs électronucléaires, la France est le pays le plus nucléarisé. Pas d’échappatoire possible. En cas d’accident majeur, les matières nucléaires s’échapperont de l’enceinte de confinement des réacteurs, formant des nuages radioactifs poussés par les vents. Ni la fermeture des frontières ni la « distanciation physique » n’arrêtent la radioactivité. Les verbalisations ne seront d’aucun secours. « Confiner » ne suffira pas ; il faudra « maîtriser » l’accident lui-même, calfeutrer les habitations, évacuer des populations, organiser les secours, assurer la distribution de nourriture dans des zones contaminées… Plus compliqué que d’approvisionner des masques chirurgicaux ! Le gouvernement le sait et a rehaussé les seuils légaux de radioactivité (moins d’indemnisations, moins de transferts de population). Il veut aussi nous faire « gérer » nous-mêmes notre dose de radioactivité pour nous forcer à vivre dans une région contaminée… Il nie les risques, pratique la loi du silence (pas d’information), ne distribue ni antidotes (pastilles d’iode) ni protections (masques filtrants)… et réprime les anti-nucléaires.

Une filière en crise

La filière nucléaire (EDF, Orano, CEA, Andra) était déjà en crise avant la récession économique en cours. EDF doit débourser 100 milliards d’euros pour le « grand carénage » (rénovation des centrales nucléaires), 18 milliards d’euros pour le chantier EPR en Angleterre, sans compter les surcoûts (déchets, fiascos de l’EPR à Flamanville et en Finlande…). L’État a injecté 4,8 milliards d’euros dans Orano et 3 milliards d’euros dans EDF et bientôt davantage pour sauver sa branche nucléaire.

Les plans d’économie vont se généraliser, augmentant considérablement les risques d’accident. Mais le gouvernement ignore les cris d’alarme des travailleurEs du nucléaire sur les dangers liés à la rentabilité et au manque de moyens, exactement comme pour les hospitalierEs avant la crise sanitaire. Avec une différence : on a besoin du système public de santé, mais on peut se passer du nucléaire. Alors pour éviter, dans le monde d’après, une énorme catastrophe sanitaire et humanitaire, l’arrêt du nucléaire c’est maintenant !

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