Notre-Dame-des-Landes : Notre légitimité face à leurs mensonges et à leurs manipulations !

Au mois de février dernier, à travers la publication d’un rapport de la Dreal commandé par le préfet de Loire-Atlantique, le Canard enchaîné révélait que l’État cachait volontairement des informations défavorables au projet d’aéroport – en l’occurrence une arnaque pseudo-écologique pour légitimer le transfert de la plateforme à Notre-Dame-des-Landes.

Aujourd’hui, c’est un énième rapport, commandé cette fois-ci par la ministre de l’écologie, qui légitime un point essentiel de notre combat contre ce projet : la possibilité de rénover l’actuel plate-forme, pour un projet à moindre coût. Ce rapport, qui reste au milieu du gué et ménage volontairement la chèvre et le choux, a le mérite de mettre plus que jamais en évidence que la déclaration d’utilité publique sur laquelle s’appuie ce projet est décidément caduque. Et qu’elle doit donc – c’est la conclusion qui s’impose – être immédiatement abrogée, et qu’il s’agit d’une raison de plus pour arrêter immédiatement les procédures d’expulsions.

Tout ceci ne constitue cependant que le haut de l’iceberg des mensonges, des omissions volontaires des manipulations d’opinions et falsifications en tous genres qui aujourd’hui émergent bout par bout. Et dans ce contexte, l’annonce d’une consultation en juin n’apparaît non plus seulement comme illégitime mais également caduque.

La CGT Vinci avec nous !

Malgré cela, Valls espère toujours passer en force pour tenter de sauver le soldat Vinci enlisé dans les zones humides de la Zad de Notre-Dame-des Landes, en tentant au  passage de diviser le mouvement... Oui, derrière le paravent démocratique, il s’agit bien d’un véritable passage en force. Cette consultation est non seulement amarrée à des mensonges d’État qui pèsent sur l’opinion, mais l’État, à la fois organisateur et porteur du projet, dispose de moyens financiers considérables, des médias, des institutions pour lui servir de relais...

Mais quel que soit l’air que nous joue le gouvernement dans cette affaire, qu’il s’agisse du discours sur l’État de droit ou celui de la légalité démocratique, nous opposerons toujours la légitimité de notre combat. La légitimité donnée et construite par une mobilisation toujours plus forte et bien vivante. La CGT Vinci vient d’ailleurs de nous rejoindre, et c’est tout un symbole de cette légitimité. Ce qui veut dire que, quelque soit le résultat de cette parodie démocratique, la lutte continuera. Car de toutes façons, qu’il y ait aéroport ou non, le gouvernement tentera de procéder à l’expulsion de la Zad.

Ce n’est donc pas un Oui ou un Non restreint au seul projet d’aéroport qui peut incarner, ou régler en coupe, ce qui se construit à Notre-Dame-des-Landes depuis plusieurs années : un projet de vie alternatif, un projet de société, des expériences résolument anticapitalistes et anti-productivistes. Ne pas lâcher sur ce combat exemplaire est d’autant plus essentiel dans un contexte ou une partie croissante de la jeunesse exprime son rejet de ce système et de cette société.

Il nous faut donc continuer de dénoncer sans relâche l’illégitimité de cette consultation, et d’ores et déjà nous projeter au delà de cette séquence, de ce calendrier imposé par l’État et le gouvernement. Car quel que soit le résultat de la consultation, nous défendrons et nous garderons la Zad !

Sandra Cormier

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