Notre-Dame-des-Landes : Entre justice de classe et manifestations

L’épreuve de force se poursuit entre le gouvernement et les opposantEs à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Manifestations et blocages se poursuivent dans toute la France, avec en ligne de mire une nouvelle manifestation nationale le samedi 27 février.

Conscient du coût politique d’une intervention policière massive sur la Zad, l’État a choisit la voie judiciaire pour s’attaquer aux opposantEs à l’aéroport. Dans son collimateur, les agriculteurs historiques de la Zad, qui n’entendent pas se faire déloger après 40 ans de lutte.

Justice politique

Après la manifestation massive du 9 janvier, les opposantEs sont parvenus à rassembler devant le tribunal de Nantes près de 3 000 personnes, un matin de semaine, ameutant les médias nationaux et européens.

L’appareil judiciaire est sommé de trancher techniquement un point de blocage politique. En décembre, il avait renvoyé la patate chaude au politique et refusé de juger les expulsions pendant les élections régionales.

Lors du rendu du jugement lundi 25 janvier, il pourrait à nouveau renvoyer au politique. Soit par une QPC (question prioritaire de constitutionnalité) qui oppose droit des expropriations et droits au travail, au logement, etc. ce qui offrirait un débat politique en même temps qu’un délai aux opposants. Soit en acceptant l’expropriation, mais sans la délirante astreinte financière réclamée par Vinci « au nom de l’État », ce qui ouvrirait au gouvernement la possibilité d’une intervention physique des forces de l’ordre...

Unité

En rassemblant dans l’urgence près de 20 000 personnes le samedi 9 janvier, les opposantEs ont su démontrer leur force et leur unité. Alors que le gouvernement avait réussi  le 22 février 2015 à déstabiliser le mouvement par une répression massive, la tracto-vélo de novembre dernier a achevé de renouer les liens de confiance entre opposantEs. D’où l’absence de toute provocation, sinon policière, lors du prolongement du blocage par les paysans.

Le succès de cette manifestation a permis aussi de démontrer la vivacité des comités de soutien dans toute la France : une quarantaine de manifestations ont eu lieu, de Lille à l’Ariège, de Brest à Lyon, rassemblant jusqu’à 4 000 personnes et tracteurs à Rennes le 16 janvier.

Ça bouge aussi du côté syndical ouvrier : la CGT annonce un débat public tandis qu’un texte intersyndical est en gestation... Les mensonges sur l’emploi local permis ou détruit par le projet y seront pour beaucoup. Le tout-répressif d’un Manuel Valls au service du patronat aussi : comment ne pas faire le rapprochement entre la condamnation des Goodyear et la criminalisation du mouvement contre l’aéroport ?

La réponse judiciaire de ce lundi 25 janvier sera un tournant du mouvement, mais n’en sifflera pas la fin : état d’urgence ou pas, les opposantEs appellent déjà à une manifestation nationale le 27 février.

CorrespondantEs

L’actualité du mouvement sur : http ://zad.nadir.org

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