Montreuil : Le prefet cache la pollution chimique sous la matraque

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En 2007, une étude menée et signée par la DRIEE (Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie) a permis de révéler une pollution « catastrophique » selon les termes du rapport. Les eaux rejetées par la SNEM sont incroyablement contaminées. La pollution à l’aluminium atteint 140 fois le seuil réglementaire, 7 fois concernant le taux de chrome. En fait pour l’ensemble des métaux le site rejette 50 fois plus que la norme admise. Malgré l’inquiétude que ce rapport aurait dû susciter pour la santé des riverains, la préfecture n’a rien fait. 

En 2011, les riverains commandent à un laboratoire indépendant une étude concernant la pollution des sols cette fois-ci. Les résultats montrent là encore un incroyable taux de pollution à divers métaux. La préfecture ne bouge toujours pas : pas de mises aux normes des installations, pas de demande de fermeture, même temporaire et toujours pas d’étude gouvernementale sur le niveau d’empoisonnement du site et des environs alors même que les leucémies, les cancers et d’autres maladies se multiplient chez les enfants et les adultes.

Un enfant a déclenché une leucémie ce printemps, ce qui a précipité le mouvement de colère. La FCPE et les associations de riverains organisent la résistance. Enfin, le préfet daigne se bouger un peu et organise une série de tests concernant la qualité de l’air dans et autour de l’usine. Et surtout dans l’école situé à 60 m de la SNEM. Évidemment, les tests ont montré qu’il y avait une « absence d’impact de l’usine » sur le milieu environnant. Pourquoi ? Cette dernière a été réalisée début août, moment où l’activité de cette entreprise est presque inexistante… Elle est pas belle la vie ?

Dans un communiqué, daté du 14 septembre 2017, la préfecture menaçait les associations qui se battent pour que des mesures soient prises pour mettre fin à cette catastrophe sanitaire et écologique : « toutes actions d’entrave au bon fonctionnement de l’usine feront l’objet de poursuites judiciaire. »

Pire, l’état protège le pollueur car il est un des fournisseurs d’Airbus. En effet, la loi interdit l’utilisation de Chrome hexavalent depuis le 21 septembre dernier, mais la SNEM a obtenu une dérogation. Donc la pollution n’est pas prête de s’arrêter !

Du côté des salariés, les contacts avec les habitants sont quasi-inexistant. Cette petite entreprise ne compte que 13 ouvriers qui subissent une forte pression de leur direction. Le levier est une fois de plus un chantage à l’emploi, malgré la mort chimique qui rôde dans les ateliers.

Comme dans beaucoup de scandales sanitaires, les maladies se développent en général longtemps après la contamination. Et il est donc impossible de suivre sur le long terme l’état de santé de centaines de personnes pour dire avec certitude que c’est l’exposition aux saloperies déversée dans l’eau, le sol et l’air par la SNEM qui est responsable d’une augmentation du nombre de décès.

La solution serait d’obliger le patron à respecter les normes de protection de l’environnement et de déplacer l’entreprise dans une zone qui ne soit pas entourée d’habitations. Mais face à des habitants excédés et désespérés, le préfet a décidé d’employer une violence disproportionnée comme l’a montré le film qui tourne sur les réseaux sociaux. Les enseignants de Jules Ferry ont dû évacuer les enfants de la cour de récréation couverte d’un nuage de lacrymogène ! Enfin un parent d’élève a été arrêté et est passé en comparution immédiate pour avoir défendu la santé de son enfant !

Correspondant

 

 

 

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