« Mobilité propre » : la grande absence de la gratuité des transports collectifs

Hulot multiplie les effets d’annonce. En ce mois de juillet, à nouveau marqué par un « pic de pollution » à l’ozone, il choisit, au côté de la ministre des Transports, de communiquer sur « la mobilité durable » en présentant « les engagements de l’État en faveur de la mobilité propre et de la qualité de l’air ». Ces mesures devraient préfigurer la future loi d’Orientation sur les Mobilités, annoncée au printemps 2018 et reportée au  début 2019.

Comme à son habitude, il claironne : « Face à la pollution de l’air nous voulons changer de paradigme et faire la démonstration que la voiture individuelle peut être remplacée par les mobilités douces comme le vélo, le covoiturage et bien sur les transports en commun ». 

La pollution de l’air est bel et bien là

Les émissions de gaz à effets de serre sont reparties à la hausse en 2017, principalement à cause du trafic routier. La concentration d’ozone à Paris a augmenté de 90% entre 1995 et 2017. Ce phénomène est dû à la conjonction des fortes chaleurs et de la production accrue de dioxyde d’azote et de composé organiques volatiles (COV) par le trafic routier et l’activité industrielle (sous l’effet de la chaleur l’oxyde d’azote se transforme en ozone avec l’aide des COV). La France a été renvoyée devant la Cour de justice de l’Union européenne pour non-respect des niveaux de pollution aux dioxydes d’azote le 17 mai 2018.

Un plan qui se résume à des mesurettes 

Ce qui est présenté comme la mesure phare est la multiplication des zones à faible émission (ZFE). Il en existe deux : l’une à Paris, l’autre à Grenoble. IL s’agit d’interdire la circulation aux véhicules les plus polluants en cas de pic de pollution. Mais l’objectif est surtout de multiplier la vente de voitures électriques par cinq d’ici 2022. Les plus pauvres demeurent les premières victimes du malus pour les véhicules fortement émetteurs en CO2, malus qui devrait être durci en 2019 alors que l’industrie automobile est la grande bénéficiaire de la prime à la conversion. Et on ajoute une pincée de covoiturage pour faire passer le tout !

Le « plan Vélo », pourtant annoncé depuis des mois, est toujours bloqué alors que le ministère lui-même reconnait que « la part modale du vélo est passée de 10% en 1970 à seulement 2,7% aujourd’hui ».

Hulot a beau déclarer que « depuis des décennies, on a développé un mode de vie centré autour de la voiture individuelle. Nous devons amener une forme d’introspection sur ce sujet » (!!!), rien n’est fait pour favoriser les transports collectifs, leur développement et leur gratuité, On sait pourtant qu’ils sont les moyens les plus efficaces et les plus égalitaires pour faire reculer le tout-auto.

Le transport routier, qui représente 90% du transport de marchandises, reste intouchable et les grands projets autoroutiers sont toujours à l’ordre-du-jour.Rien sur le fret ferroviaire, pourtant mis à mal par la réforme de Macron…

Avec une telle politique, le climat n’a pas fini de se réchauffer et la pollution aux particules fines n’a pas fini de faire des dizaines de morts chaque année.

Commission nationale écologie 

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