Loi sur la biodiversité : La coquille vide

Le dernier épisode de la loi sur la biodiversité est à la hauteur des convictions environnementales du gouvernement. Comment peut-il en être autrement ?

Celui-ci n’a en ligne de mire que la course folle aux parts de marché pour servir les capitalistes français, la croissance à tout crin. Il cède tout aux lobbys industriels, agro-industriels et financiers, et devant la FNSEA qui refuse de remettre en question les pratiques agricoles. Les ministres Royal et Le Foll ont beau amuser la galerie avec leurs shows bien rodés, personne n’est dupe. La défense et la préservation de la biodiversité sont le cadet des soucis de ces politiciens de salon. Leur loi est donc une occasion ratée.

Ainsi, l’interdiction du chalutage en eaux profondes a été annulée, sous la pression du lobby de la pêche industrielle qui pourra continuer à vider les océans de ses réserves halieutiques.

Même reculade devant le lobby de la chasse qui a gagné sur la chasse à la glu pratiquée dans le Sud-Est et qui prétend capturer des grives, mais tue en réalité dans des conditions cruelles des dizaines de milliers d’oiseaux (mésanges, rougegorges...). 

De même, l’interdiction des pesticides contenant des néonicotinoïdes dont les effets mortels sur les insectes pollinisateurs sont largement prouvés, est repoussée à 2018. D’ici là, les abeilles peuvent crever... et Bayer ou Syngenta continuer à déverser leurs produits toxiques !

Quant à l’huile de palme utilisée dans l’agroalimentaire et les cosmétiques, elle sera taxée à 90 euros la tonne... alors qu’une taxation progressive, allant jusqu’à 900 euros en 2020, était prévue afin de limiter sa culture qui cause la déforestation en Afrique, en Asie, au Brésil, et nuit à la biodiversité.

« Cache-misère »

La loi prévoit aussi la création de l’Agence française de la biodiversité. Mais elle ne sera qu’un « cache-misère » d’après Francis Combrouze, de la CGT environnement, tant ses moyens seront faibles.

Pas à une contradiction près, la loi va autoriser la circulation des semences paysannes mais refuse de statuer sur les nouvelles techniques de manipulation génétique qui menacent ces semences traditionnelles. Bien loin, donc, des mesures indispensables pour protéger la biodiversité.

Le gouvernement Hollande-Valls-Royal-Le Foll est discrédité pour parler écologie. La présence d’écologistes vert pâle à leurs côtés ne changera rien à l’affaire : ils sont nuls !

Là comme ailleurs, seules les actions et mobilisations de terrain nous permettront de gagner.

Commission nationale écologie

 

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