Expulsion du Bois Lejuc : honte à l’État

Une « zone de non-droit » : c’est ainsi que les pouvoirs publics ont osé parler du Bois Lejuc, occupé selon eux « illégalement » par des militantEs qui cherchent à empêcher l’ANDRA de débuter ses travaux de creusement en vue de l’enfouissement des déchets radioactifs les plus dangereux. 

Ils ne manquent pas d’air ces pouvoirs publics qui, depuis 20 ans, ont réussi à transformer la Meuse et la Haute-Marne en mini-république bananière, arrosant copieusement collectivités, associations, entreprises et particuliers à coups de millions alors même que le projet n’est toujours pas autorisé ! C’est le premier cas de ce genre dans l’histoire des institutions françaises. Ils n’ont eu de cesse de se draper dans les oripeaux de la légalité républicaine, s’autolégitimant à coups de décrets et de groupements d’intérêt public bidons où siègent tous les caciques locaux, mettant en place un véritable système de corruption institutionnalisée.

Hélicoptères, drones et bulldozers

Au lieu de faire profil très bas, ils ont envoyé 500 gendarmes mobiles, des hélicoptères, des drones, des bull­dozers, pour déloger les quelques courageux et courageuses qui résistaient dans la forêt, dans des cabanes de fortune, par des températures avoisinant les – 10 °C. Ensuite, en toute « légalité », ils ont défoncé à coups de bélier les portes de la Maison de la résistance à Bure, en ont expulsé violemment les trente ou quarante occupantEs et ont procédé à quelques dizaines d’interpellations.

Non contents de se couvrir ainsi de ridicule, les pouvoirs publics ont montré une fois de plus leur incurie, leur violence et leur mépris. Car à Bure comme ailleurs, moralité et légalité ne font pas bon ménage…

Après avoir renoncé devant la mobilisation à NDDL, l’État avait besoin d’affirmer son autorité. Il espérait également criminaliser la lutte et décourager l’opposition qui se renforce chaque jour en démantelant une nouvelle ZAD. Or de ZAD il n’y a point à Bure. Une occupation de territoire s’est bien mise en place, mais de façon diffuse, par l’achat de maisons dans les villages environnants, la mise en place d’activités diverses et structurantes, par la re-création de liens, notamment avec les habitantEs du cru. La forêt est ainsi occupée par quelques dizaines de personnes, surnommées les « hiboux », qui se relaient courageusement pour y défendre des barricades et empêcher les engins de chantier d’y effectuer leur sinistre besogne.

La lutte continue

Disons-le clairement : l’État a échoué. Car le soir même de l’expulsion, plus de 90 actions ont rassemblé spontanément, en France, des milliers de personnes témoignant ainsi leur solidarité avec ce combat vital et exprimant de façon claire le potentiel de mobilisation de cette lutte inédite.

Ce même soir, toutes les associations locales, quel que soit leur degré de radicalisme dans l’engagement, étaient réunies à Bar-le-Duc pour resserrer les rangs, témoigner leur soutien sans faille aux valeureux hiboux du Bois Lejuc et préparer la riposte.

Le lendemain, alors que les forces de police étaient toujours présentes en masse sur le site et que le fantoche Lecornu, secrétaire d’État à la transition énergétique, venait pérorer à Bure, une dizaine de hiboux réinvestissaient la canopée du Bois Lejuc, infligeant ainsi un magistral camouflet aux matraqueurs : cette forêt est toujours à nous et nous la réinvestirons autant de fois que nécessaire : ils ne peuvent pas nous en empêcher.

Deux camarades ont été placés en détention provisoire pour outrage et rébellion jusqu’au 19 mars, date de leur jugement.

Toute notre solidarité va être nécessaire et le NPA y prendra toute sa place. La prochaine assemblée de lutte aura lieu les 3 et 4 mars ­prochains à Bure : nous en serons.

Commission nationale écologie

 

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