Expulsion à Bure (55)  : les délires de l’État oppresseur !

Depuis 15 jours, nous avons investi la forêt où avant même d’avoir obtenu la moindre autorisation, l’Andra a commencé à défricher. Ils veulent forer pour préparer des puits d’échappement radioactifs si l’enfouissement des pires déchets jamais produits par l’homme a lieu un jour à cet endroit.

Le jeudi 7 juillet, un paysan qui fait ses foins nous réveille à 5 h 30 du matin : « attention les gars ça y est c’est pour vous ! Des dizaines et des dizaines de véhicules, gardes mobiles, CRS, un porte-char de l’armée équipé comme un bulldozer, des tracteurs de la gendarmerie. Jamais vu pareille armée, préparez-vous ! »

Mais peine perdue : à 300 casqués contre 50 résistantEs, l’affaire est vite pliée. La charge est ultra rapide, les sommations inexistantes, et les occupantEs reculent progressivement derrière les barricades enflammées. Les lacrymos pleuvent et le flashball fait rage. D’autres occupants, dont des enfants, ont heureusement pu se replier dès le début de la charge.

Et pourtant, c’est bel et bien l’Andra, agence d’État, qui occupe illégalement les lieux, après un échange extrêmement litigieux avec la commune et de nombreuses magouilles. Des plaintes sont en cours mais l’État voyou n’en a cure et déploie son arsenal répressif.

Occupy la forêt !

Le bilan est moins grave que ce qu’on aurait pu craindre compte tenu des moyens délirants mis en œuvre : un blessé léger par brûlure dans nos rangs, tout notre matériel saisi et nos installations détruites. Et surtout un camarade en garde à vue car il aurait « mordu un flic au bras ». Une manif de soutien devant le commissariat a été immédiatement organisée malgré le traumatisme de l’expulsion. Notre pote tient bon et refuse la comparution immédiate ainsi que le prélèvement ADN et empreintes. Il passera en jugement le 8 août.

Nous n’en avons pas fini avec eux : nous reprendrons la forêt dès le week-end prochain pour empêcher le pire des pires de tous les grands projets capitalistes de se réaliser. Toutes les forces militantes, anticapitalistes et écologistes radicales, peuvent et doivent désormais s’emparer de ce problème crucial, et le NPA est évidemment au côté des résistantEs de la Meuse.

Claude Kaiser

 

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