De quoi Fort Mac Murray est-il le nom ?

Fort Mac Murray, un nom jusqu'alors inconnu, aujourd'hui évocateur d'un gigantesque incendie de forêt ayant détruit faune et flore sur près de 200 000 hectares, provoqué l'évacuation de 88 000 habitantEs.

L'Alberta en revanche est bien connue comme le lieu d'une autre catastrophe écologique, l'exploitation des sables bitumineux. Quel rapport entre les deux ?

Aucun selon les responsables politiques canadiens. Le Premier Ministre Justin Trudeau a déclaré : « Il y a toujours eu des feux. Pointer une responsabilité en particulier en disant ’il se passe ceci à cause de ça’ n’aide pas beaucoup et n’est pas tout à fait juste. Il faut séparer un mouvement qui s’inscrit dans le temps à un événement particulier comme celui-ci ». Il n'est pire aveugle que celui qui refuse de voir.

Le Canada a fait le choix de miser sur les sables bitumineux, d'imposer le développement de l'extraction à grande échelle aux populations et en particulier aux peuples autochtones. Ce pétrole compte sans aucun doute parmi les plus sales, son extraction demande énormément d'eau, de produits chimiques et d'énergie, elle génère des masses de déchets toxiques, elle dévaste des régions entières en particulier des forêts, elle a des conséquences graves sur la santé des populations. Fort Mac Murray est au cœur de cette dévastation. Mais jusqu'alors, les effets sur le réchauffement climatique de cette obstination à extraire coûte que coûte jusqu'à la dernière goutte de pétrole n’étaient pas immédiatement perceptibles. Ce n'est plus le cas !

Le réchauffement, produit direct de l'exploitation des énergies fossiles (gaz, charbon, pétrole) et aussi de la déforestation, est certes global, mais les régions proches du pôle Nord sont tout particulièrement touchées. Quand l'incendie s'est déclaré début mai, les températures dépassaient 30°C, soit 15°C au-dessus des niveaux habituels en cette saison, créant les conditions du déclenchement et de la propagation du feu. Les alertes ont pourtant été multiples et sérieuses. Dès 2009 des scientifiques ont prévenu : « Les feux sont plus gros, plus chauds, plus rapides, et se produisent de manière encore plus imprévisible qu’avant ». Aujourd'hui le constat est sans appel : « Beaucoup d’entre nous avaient vu une situation comme celle de Fort McMurray se produire, mais sincèrement personne ne s’attendait à ce que ce soit aussi terrible que ce qui s’est passé cette semaine. C’est le signe, parmi d’autres, et le plus fort que nous ayons jamais vu, que la situation va empirer. Dans certains cas, il n’y aura rien de plus à faire que d’évacuer la population ».

Combien de catastrophes faudra-t-il encore avant de sortir des énergies fossiles ?

Christine Poupin

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