Cyclone Harvey : Changement climatique et catastrophes « naturelles » 

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Le comté Harris au Texas compte 4,5 millions d’habitantEs. Un tiers de sa superficie est sous l’eau suite au passage du cyclone Harvey.

Les dégâts sont énormes, beaucoup de gens sont ruinés, surtout dans les couches modestes. La gravité de la catastrophe est parfaitement conforme aux projections scientifiques sur les effets du changement climatique.

Violence croissante des cyclones : un effet du changement climatique

Kerry Emanuel, professeur de sciences de l’atmosphère au Massachusetts Institute of Technology, a comparé l’évolution de 6 000 tempêtes simulées, respectivement dans les conditions du 20e siècle et dans les conditions de la fin du 21e siècle si les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter. Sa conclusion : dans les années 1900, la probabilité de voir un cyclone gagner plus de 55 km/h pendant les 24 heures précédant son arrivée sur la terre était de une par siècle. Dans les décennies qui viennent, ce genre de phénomène pourrait s’observer tous les 10 ans.

Trump, un pyromane sur les lieux de l’incendie

Donald Trump a tenté de profiter de Harvey pour détourner l’attention de ses problèmes : les retombées de Charlottesville, ses rodomontades dangereuses face à Kim Jung Un ... Le 29 août, il s’est rendu sur place avec son épouse et six membres au moins de son administration. Pour se mettre en valeur, pas pour réconforter les victimes : il ne les a même pas visitées ! 

Trump sur les lieux d’une catastrophe climatique, c’est un peu comme un pyromane qui vient contempler son incendie. Mégalomane narcissique, le président national-populiste veut entrer dans l’Histoire. « Nous voulons faire mieux que jamais auparavant », a-t-il déclaré. « Nous voulons qu’on nous regarde dans cinq ans, dans dix ans, comme un modèle de ce qu’il faut faire. » 

Il va de soi que c’est au contraire comme un modèle de ce qu’il ne faut pas faire que Trump entrera dans l’Histoire. 

D’abord, parce qu’il nie la réalité du changement climatique. Parce qu’il a dénoncé l’accord de Paris sur le climat (bien que totalement insuffisant, cet accord a l’avantage de fixer un objectif : 2 °C maximum de réchauffement et « continuer les efforts pour ne pas dépasser 1,5 °C »). Parce qu’il fait tout pour relancer l’exploitation du charbon et pour soutenir celle des sables bitumineux du Canada. Parce qu’il veut couper les financements publics aux chercheurs qui travaillent sur le réchauffement. Parce qu’il fait du pathos sur Houston mais se soucie comme un poisson d’une pomme des catastrophes climatiques au moins aussi graves dans les pays du Sud, qui, eux, ne portent pratiquement aucune responsabilité dans le réchauffement. Comme à la Nouvelle-Orléans après Katrina, les pauvres seront les dindons de la farce. Vous avez dit « lutte de classes » ?

Daniel Tanuro
(Extraits de « Cyclones, changement climatique et spéculation immobilière : le cas Harvey » publié le 31 août)

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