Crise sanitaire dans les centrales nucléaires ?

Comme partout, EDF doit faire face à une hausse de l’absentéisme pour cause de crise sanitaire. Au moins cinq centrales nucléaires (Fessenheim, Gravelines, Flamanville, Belleville, Cattenom), soit 16 réacteurs sur les 58 du parc ont détecté des salariés porteurs du coronavirus. Sans doute davantage compte tenu de l’omerta. Fidèle à son habitude, la direction d’EDF minimise et fanfaronne : « Nous sommes entraînés à fonctionner avec des effectifs réduits. Le soir et les week-ends, nos centrales sont déjà pilotées par des équipes restreintes. Notre plan pandémie nous permet de faire fonctionner l'ensemble du parc nucléaire et hydraulique avec 25 % de taux d'absentéisme pendant 3 mois et 40 % en cas de pic de l'épidémie, c'est considérable » (L’Usine Nouvelle du 16/03/2020). Alors que les salariés EDF se plaignent des baisses continues d’effectifs et des incidents à répétition qui mettent en cause la sécurité des centrales, EDF voudrait faire croire que 40% des salariés ne servent à rien… Une posture irresponsable qui montre, neuf ans après l’accident de Fukushima, que l’arrêt du nucléaire est incontournable pour éviter une nouvelle catastrophe.

Claude Serfati, économiste, chercheur auprès de l’IRES, est l’auteur, entre autres, de L’industrie française de défense, (Ed. La Documentation française, 2014) et Le Militaire: une histoire française (Ed. Amsterdam, 2017)

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