Bure (55) : Un drame qui rajoute à l’exigence d’abandon du projet

Une galerie qui s’est effondrée à 500 m sous terre a entraîné la  mort d’un technicien de 42 ans le mardi 26 janvier lors d’un accident sur le site de Bure (Meuse), site où les autorités forment le projet insensé d’enfouir les déchets nucléaires les plus dangereux pour des centaines de milliers d’années.

Depuis bien des années, les opposantEs à ce projet, dont le NPA, dénoncent l’irresponsabilité humaine et scientifique de cette entreprise avec force études et contre-expertises. De sérieux doutes existent sur le fait que l’argilite, mélange d’argile et de calcaire, soit véritablement le coffre-fort géologique avancé par l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs).

Cet événement dramatique vient hélas alimenter ces doutes et remet bien évidemment en cause les affirmations sur la fiabilité du projet. « Le risque zéro n’existe pas », se défend Jean-Paul Baillet, directeur de l’ANDRA. Certes, mais si un tel éboulement peut se produire dans le site expérimental, on n’ose imaginer la catastrophe qui s’en suivrait en cas d’événement similaire lorsque les fûts radioactifs seront stockés dans les puits définitifs. D’autant que le remplissage de ces puits doit s’échelonner sur une période de 100 ans !

Négociation de marchands de tapis...

à ce drame vient s’ajouter la récente déconvenue de l’ANDRA qui a estimé le coût de CIGEO à environ 33 milliards d’euros (une estimation bien trop faible selon l’Autorité de sûreté nucléaire elle même). Mais les financeurs (EDF et AREVA, tous les deux au bord de la faillite) ont produit leur propre estimation revue à la baisse et proposé une enveloppe de seulement 20 milliards.

à l’issue d’une stupéfiante négociation de marchands de tapis qui prêterait à sourire s’il ne s’agissait de la gestion de 99 % de la radioactivité des déchets nucléaires, Ségolène Royal a tranché à 25 milliards, soit certainement moitié moins de ce qu’il faudrait pour que le projet tienne un tant soit peu la route du point de vue de la sécurité.

Il est donc urgent de stopper cette folie, et le NPA pèsera de toutes ses forces dans cette bataille.

Commission nationale écologie

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