Agriculture : Macron, Hulot, la mort programmée du bio

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Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, vient de supprimer les aides au maintien de l’agriculture bio dès 2018, avec l’accord tacite de Hulot. Le ministre veut recentrer les budgets sur les premières années et confier au marché le maintien de l’agriculture bio !

Alors que l’UFC-Que choisir vient de dénoncer les marges abusives des distributeurs sur les aliments bio, Travert demande aux consommateurs de payer encore plus. Il obéit aux injonctions du Conseil agricole français (CAF)1 qui demandait la suppression des aides au bio mais pas à l’agriculture chimique. 

Désengagement de l’État

Pour compenser, Travert propose la création d’un fumeux fonds privé qui accompagnerait la filière bio et qui serait financé, par exemple, par les distributeurs qui rogneraient volontairement leurs marges ! Il fait fi des aspirations à consommer local et à tisser des liens avec les producteurs. De façon pernicieuse, il laisse le soin aux régions de prendre le relais tout en sachant qu’elles n’en auront pas les moyens légaux ni financiers si l’État ne finance pas au moins à hauteur de 25 %. Cette décision annonce une baisse des surfaces en bio, à l’instar de ce qui s’est passé en Grande-Bretagne (– 29 % depuis 2010). 

Rappelons les finalités des aides au bio :

– indiquer que l’État soutient l’agriculture biologique et que le bio c’est pour tout le monde ;

– compenser la baisse de rendement et les investissements nécessaires ;

– rémunérer les services rendus : l’agriculture chimique pollue et coûte extrêmement cher à la société (traitement des pollutions, santé publique, dégradation de l’environnement, perte de biodiversité, réchauffement climatique…) tandis que l’agriculture biologique participe, elle, à la restauration de l’environnement ;

– favoriser la santé publique, en protégeant la population affectée par les pesticides, dont les premiers exposés que sont les salariéEs agricoles et les agriculteurs.

Asservissement à l’agro-industrie

Retirer les aides sans le moindre préavis va conforter les agriculteurs dans leur sentiment qu’ils ne peuvent faire confiance à l’État. Tous ceux qui se sont convertis il y a moins de dix ans vont être touchés. Mais, surtout, le gouvernement Macron confirme son asservissement aux lobbies de la chimie et de l’agro-industrie. D’un côté Macron fanfaronne sur le rôle de la France dans la lutte contre le réchauffement climatique, et de l’autre il supprime un des leviers les plus efficaces à court terme, la suppression des engrais azotés, première source des gaz à effet de serre en agriculture. 

Le NPA soutient l’agriculture biologique : toutes les aides publiques doivent aller vers ce secteur, les intrants chimiques doivent être interdits et d’abord les pesticides perturbateurs endocriniens et néonicotinoïdes.

Commission nationale écologie

  • 1. Le Conseil agricole français regroupe Groupama, MSA, Crédit Agricole, FNSEA, JA, Assemblée permanente des chambres d’agriculture : une belle brochette d’amis de l’environnement !

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