Visites virtuelles : Sergio Moscona / Lajos Szalay : Lignes en tension

La galerie Claire Corcia est fermée mais vous pouvez néanmoins découvrir en ligne l’exposition « Lignes en tension » : https://www.artsy.net/show/galerie-claire-corcia-lines-in-tension-sergio-moscona-slash-lajos-szalay.

Sergio Moscona (né en 1979) est argentin. Les mères de la place de Mai avec les photos d’enfants brandies comme des armes, les défilés de militaires en grand uniforme, les violences dans les rues, ont été autant d’images de la dictature en Argentine (1976-1983), qui ont inspiré sa peinture. Depuis, son œuvre se nourrit essentiellement de faits sociaux qui, par un jeu constant, provoque « une interaction qui déplace et retourne les choses avec la seule intention de tenter de s’en approcher à partir d’un point où je puisse, dans la mesure du possible, les comprendre »1.

Lajos Szalay (1909-1995) était hongrois. Il vécut à Paris, New York et en Argentine (Buenos Aires, Tucuman). Après un début de carrière prometteur en Hongrie comme illustrateur et dessinateur, il fut de nouveau intégré à l’armée réactionnaire en 1942 pour couvrir le front russe. Il commença alors à dessiner avec sa main gauche pour s’exercer, de peur de perdre la main droite. Traumatisé par la guerre, il en garda des séquelles psychologiques jusqu’à la fin de sa vie. En 1948, après Paris, il s’installa en Argentine où il enseigna et forma toute une génération d’artistes. En 1956, il illustra un texte de l’ONU, intitulé « SOS. Le drame de la Hongrie », qui contenait la traduction et les transcriptions des programmes libres transmis par la radio en Hongrie avant sa fermeture par les staliniens. Dans les années 1980, malade, il rentra mourir en Hongrie où son œuvre était enfin reconnue.

L’exposition « Lignes en tension » crée un parallèle entre des œuvres inédites de Sergio Moscona et celles de Lajos Szalay. Il est remarquable d’identifier les indices de l’empreinte laissée par l’œuvre de Lajos Szalay sur le travail de Sergio Moscona à travers la ligne magistrale, impérieuse et puissante, commune aux deux artistes. L’exposition dévoile aussi la force des lignes motrices pourvoyeuses d’énergie, de mouvement et de tension dans chacune de leurs œuvres.

  • 1. Voir l’Anticapitaliste numéro 473.

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