Musique : Daba, de Oum

1 CD, Music Développement, 14 euros.

« Daba » signifie « maintenant » en arabe. En arabe dialectal marocain, Daba signifierait plutôt « Toi qui es là-bas, viens maintenant ». Et, c’est bien de cela dont il s’agit dans ce cinquième album de Oum El Ghaït Bennessahraoui. Là-bas et ici, hier et maintenant, tradition et avant-gardisme, oud et transe électronique, jazz et soul oriental. Toutes ces définitions restent impuissantes à décrire les effets produits par la voix cristalline de Oum. Il ne reste plus qu’à écouter et voyager dans le temps, dans l’univers de la Marocaine.

Un charme magnétique

Oum est chanteuse, auteure, compositrice, nomade et citadine de Casablanca. Elle chante en darija (arabe dialectal marocain) et en tamazight (berbère). À travers les 12 titres originaux de l’album, Oum recherche une musique universelle et intemporelle issue de ses racines. Elle chante l’humanisme (Laji, réfugié), le féminisme, la sensualité (Rhyam, intraduisible mais compréhensible à travers une vidéo gratuite sur le net) et le mysticisme aussi (Sadak, le sauveur divin). 

Le oud côtoie la trompette et le saxophone. La basse et les percussions sont puissantes mais s’effacent toujours devant la voix claire et les mélodies orientales de la chanteuse. Tous les titres dégagent un charme magnétique, quasi mystique, mêlant intimité et raffinement. Elle est accompagnée par un quintette remarquable composé de Yacir Rami à l’oud, Camille Passeri à la trompette, Carlos Mejias au saxophone et aux claviers, Damian Nueva à la basse et Amar Chaoui aux percussions. Si Oum compose la musique, elle a confié la direction artistique de ce nouvel album, enregistré à Berlin, à la poétesse, chanteuse et oudiste palestinienne Kamilya Jubran. 

Attention, l’écoute de ce disque est susceptible de vous faire entrer dans une communauté séparatiste mal vue par la Macronie encore régnante ! Les nombreux adeptes pourront néanmoins retrouver Oum en concert le 31 mars au Grand Théâtre de La Rochelle ou le 11 avril en l’église des Dominicains, à Perpignan. Qu’on se le dise ! 

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