L’assemblée générale des intermittent.e.s et précaires

Ce 4 avril 1000 personnes étaient réuni-e-s dans le théatre de la Colline et au moins 500 à l'extérieur ne pouvant pas entrer dans la salle car salle comble

A la tribune, assez masculine il faut le dire : Samuel Churin [CIP IDF], Denis Gravouille [CGT Spectacle], Mathieu Grégoire

La nature des attaques contre les intermittent.e.s et précaires

Pourquoi les négociations sur l'UNEDIC ont lieu maintenant ?

Parce qu'une convention UNEDIC sur l'assurance chômage dure 2 ans. Au bout de 2 ans, de nouvelles négociations s'ouvrent pour renouveler les accords sur cette convention. La dernière date donc de 2014. On s'en souvient, on s'était déjà mobilisé.e.s. (Samuel Churin refait l'historique). 

Qui fait partie des négociations ?

Les syndicats représentatifs des employeu.r.se.s et salarié.e.s concernés par l'assurance chômage. Ce sont des négociations dites « paritaires ». Le Medef a un droit de véto sur tous les accords avec en pratique une signature incontournable dans un accord paritaire ce qui est absolument disproportionné. La construction d'un rapport de force à la base est donc nécessaire.

Le contexte de ces négociations

Le gouvernement a donné le signal de 800 millions d'économie sur l'assurance chômage (rapport de la Cour des comptes si je me souviens bien). Le MEDEF se réjouit. Ces négociations interviennent dans un contexte de lutte contre la loi travail qui vise à détruire le code du travail, à affaiblir les droits des salarié.e.s, à les rendre encore plus à la merci des patrons et à la loi du marché. Sur l'assurance chômage, le MEDEF veut revenir sur « les garanties » que nous avions imposé par la mobilisation en 2014 et aller plus loin. A nous de riposter dans le même sens sur les deux tableaux.

Loi travail contre les droits des chômeu.r.ses

L'article 52 permet à Pôle Emploi de ne pas reconnaître pour l'ouverture ou le renouvellement de droits, les déclarations tardives effectuées par les demandeurs d'emploi, même si ceux-ci n'en sont pas responsables. Une règle qui avait provoqué l'immolation de Djamel Chaar devant le pôle emploi de Nantes, en 2013 (avec les condoléances du directeur régional proche de C3 consultants). L'article 52 autorise également Pôle emploi à prélever les trop perçus à la source (directement et immédiatement prélevé sur les indemnités chômage). Ces deux dispositions, que s'octroyait déjà Pôle Emploi avant le projet de loi, le Conseil d’État les avait jugées illégales le 5 octobre dernier, suite à une saisine collective.

Débuts des négociations : le cadrage budgétaire = austérité à plein nez

Les négociations ont démarré. Il s'agit de commencer par fixer un cadrage budgétaire aux négociations. Au jour d'aujourd'hui, ce document de cadrage des annexes 8 et 10 a été signé par le MEDEF, la CFTD, la CFTC et la CGC. Pour ce cadrage des annexes 8 et 10, FO n'a pas signé cette fois, contrairement à 2014. Il y a eu 3 jours de négo sur 7 consacrés au cadrage budgétaire des annexes 8 et 10, nous sommes la variable d'ajustement de l'assurance chômage. Nous représentons 4% des chômeu.r.ses et on nous demande de faire 185 millions d'économie sur 800 millions pour l'ensemble des chômeu.r.se.s. C'est insupportable, on est les boucs émissaires. Par ailleurs, le document de cadrage proposé par le MEDEF prévoit 400 millions d'euros d'économie d'ici à 2020 (celui proposé par la CGT n'ayant même pas été étudié, ils ont même dit avec mépris qu'ils ne l'avait soit disant pas reçu). Il faut s'opposer à toute logique d'austérité contre les chômeu.r.se.s en rappelant qu'il est hors de question qu'ils continuent à faire des économies sur notre dos, il faut exiger un cadrage à 0€ ou rien ! Samuel Churin rappelle par ailleurs que la réforme de 2003 leur a coûté de l'argent contrairement à ce qu'ils nous avaient annoncé. Ils mentent.

Ils veulent la disparition du régime des intermittent.e.s

Le MEDEF a la volonté de calquer la logique du « 1 jour travaillé = 1 jour indemnisé » du régime général en inscrivant dans le document de cadrage budgétaire une formule obscure mais très claire en réalité qui est en gros « un rapport proportionnel entre les cotisations et l'indemnisation ». Cela dénote une volonté très nette de rapprocher le régime des intermittent.te.s de celui du régime général. Ils veulent la disparition du régime des intermittent.e.s à petit feu qui restent le plus adaptés aux réalités de nos métiers.

Déficit etc... blablabla

Pour nous faire passer pour ceux et celles qui sont les déficitaires de l'assurance chômage, ceux et celles qui coûtons de l'argent à l'assurance chômage, le MEDEF [et le gouvernement] ont tendance à mettre en concurrence le régime général et le régime des intermittent.e.s et vice-versa en trouvant des modes de comparaison direct abstrait et faux. Mais on ne relève pas des mêmes logiques de calculs ni des mêmes logiques de travail (intermittent.te.s = travail réduit) donc c'est comme mettre un singe dans un bocal et un poisson sur la plage. En réalité, mettre tous les intermittent.e.s au régime général coûterait plus cher que mettre les chômeur.se.s du régime général au régime des intermittent.e.s.

 Une caisse autonome ? Le piège utlime

Il n'existe pas de caisse autonome des intermittent.te.s et encore moins du spectacle dans l'assurance chômage (les permanent.e.s cotisent au régime général par exemple) mais c'est leur objectif pour nous faire sortir d'une logique de solidarité interprofessionnelle. Par ailleurs, actuellement dans les 185 millions d'euros d'économie, le MEDEF demandent à l'Etat de prendre en charge 80 millions. C'est le début de la formalisation d'une caisse autonome des intermittent.e.s et c'est un piège. Cela signifie que cela fait sortir de la logique de solidarité interprofessionnelle et que, en fonction du bon vouloir du gouvernement, cette prise en charge peut varier. Nous devons rappeler que nous devons gérer nous-mêmes l'argent de nos cotisations. La solidarité interprofessionnelle est le fonctionnement le plus juste et égalitaire.

Des propositions

On propose de revenir à la date anniversaire, aux 507h sur 12 mois. On refuse ce cadrage. On dit cadrage à 0€. On refuse la logique de caisse autonome. On s'oppose aux attaques contre les chômeur.se.s.

Discussion sur les actions à mener pour construire la riposte

Divers interventions sur les modalités de lutte. Le sens de ce qui ressort est : on articule notre lutte à celle contre la loi travail pour amplifier le rapport de force engagé. On construit la convergence des luttes dans le sens d'une addition des forces et donc de la construction de la mobilisation dans notre secteur en particulier et avec tous les chômeu.r.se.s. On rythme cela par des manifestations et des actions. On doit leur faire peur.

 Propositions : faire des cortèges intermittent.e.s et précaires en lutte dans les manifs unitaires avec d'autres secteurs pour nous rendre visibles et donner le signal à nos collègues que la lutte est engagée. On doit prendre le temps de discuter de ces attaques en se réunissant en AG (prochaine AG peut-être lundi 11/04 et/ou lundi 18/04). On doit penser à la taille de la salle pour que tout le monde puisse assister et participer aux AG.

 En débat : la question de la grève doit être débattue clairement et sereinement. Dans notre secteur, c'est devenu presque un tabou parfois. Samuel Churin rappelle que c'est toujours la menace sur la bonne tenue des festivals qui les a fait reculer. C'est bien la grève qui doit être posée. Des problèmes sont soulevés sur : le rapport au public dans le cadre de la grève et le problème du blacklistage des grévistes. Il faut poser et inventer des solutions collectivement.

 Autre débat : comme beaucoup de monde étaient à l'extérieur de l'AG car on avait atteint le nombre max de place dans la salle, il a été proposé par les gens de dehors que l'AG se poursuive à République. Cette proposition est intervenue à la moitié du temps de l'AG. Un vote a montré que la majorité des personnes souhaitait poursuivre et finir l'AG à La Colline et qu'ensuite on allait en manif à République collectivement. Une partie des gens dehors sont quand même allés en cortège à République de suite. Le gros de l'AG est allée à République en cortège dans la rue après l'AG.

 Des étudiant.e.s en lutte de Paris 1 – Tolbiac sont intervenu.e.s : les résistances vont dans le même sens et doivent s'articuler, converger. La répression contre les jeunes est importante. Invitation d'intermittent.e.s à leur prochaine AG. Rappel des prochaine échéances contre la loi travail.

 Prochains rdv

- mardi 05/04 – 11h - Nation – Manif lycéenne contre la loi travail + 13h – Bastille – Manif contre la loi travail

- jeudi 07/04 – 13h – Théâtre Dejazet à Paris (rdv intermittent.e.s et précaires)

- samedi 09/04 – manifestation contre la loi travail

- d'autres rdv auront lieu dans la semaine suivante, on évoque le 12/04, le 14/04... les précisions viendront

- des rdv à République pour la convergence des luttes par l'occupation de la place dans la continuité de la Nuit debout ont lieu tous les jours

- prochaine AG : lundi 11/04 ? ou/et lundi 18/04 (ces rdv sont à confirmer)

Licence créative commons

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.