L’Apollon de Gaza, de Nicolas Wadimoff

Documentaire suisse, 1 h 18, sorti le 15 janvier 2020.

En 2013 est apparue à Gaza une magnifique statue antique représentant Apollon. Elle a ensuite disparu. Peu de gens l’ont vue, il en existe des photos et les versions les plus contradictoires courent sur ses origines et son évaporation. Vraie statue datant de l’Antiquité ou copie récente ? A-t-elle vraiment été trouvée en mer par un pêcheur ? Enfin, où est-elle passée ?

Une plongée dans Gaza

Nicolas Wadimoff interviewe les pêcheurs qui l’auraient trouvée, un bijoutier chez qui elle aurait été conservée un moment, des archéologues et collectionneurs locaux ou basés à Jérusalem qui auraient aimé l’examiner, un prêtre chrétien de Gaza : chacun ou presque a sa version. Quant aux fonctionnaires des services culturels du gouvernement du Hamas, ils sont évasifs sur le devenir de la statue. Ce qui est suggéré prudemment par certains des interviewés, c’est que l’aile militaire du Hamas aurait mis la main dessus. Pourquoi ? 

C’est le 3e film de Nicolas Wadimoff sur la Palestine. Le précédent, Aisheen (Chroniques de Gaza), avait été tourné en février 2009, quelques semaines après la fin de la guerre de 2008-2009. Plutôt que de traquer une vérité inaccessible en l’absence de la statue, le film poursuit plusieurs pistes à la fois, et entretient le mystère. Il constitue le prétexte à rappeler que cette ville existe depuis la plus haute Antiquité (elle aurait été fondée vers 1 500 avant notre ère) et à en montrer toute la complexité présente. On y voit des gens qui peuvent être fatiguéEs de la situation du territoire et méfiantEs mais essaient de survivre « normalement ». CertainEs sont des privilégiés par rapport à la situation humanitaire catastrophique du territoire, mais Gaza, c’est aussi cela, loin des caricatures israéliennes sur le « nid de terroristes ».

Henri Wilno

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