Humanité végétale, Mario Del Curto

Nantes, le Lieu unique, jusqu’au 30 août.

Humanité végétale, c’est d’abord un livre paru en 2019 aux éditions Actes Sud, le regard de Mario Del Curto sur les liens multiples et variés qu’entretient l’être humain avec le végétal, la nature, saisis à travers le vagabondage et les chemins de traverse photographiques aux quatre coins du globe de l’artiste. Aujourd’hui, à Nantes, au Lieu unique, Mario Del Curto présente son travail avec plus de 200 photographies exposées, autant d’instantanés pleins d’imprévus et de surprises de nos rapports avec la nature, de beauté aussi.

« Comme si les choses me faisaient des signes pour m’inviter à les photographier »

C’est une longue histoire qui nous est racontée depuis l’apparition des premiers végétaux, il y a plus de 350 millions d’années, dont la terre a conservé les traces fossiles, histoire d’une longue évolution qui a permis récemment, peut-on dire, il y a 10 millions d’années, la sédentarisation des hommes et les débuts de l’agriculteur… Cette invention a donné naissance à mille forme d’outils, de paysages, de jardins, de constructions, de plantes, d’habitats, de médecines, d’arts… Jusqu’à la révolution industrielle puis l’emballement du capitalisme qui rompent les équilibres pour finir par mettre en danger la biodiversité et la planète même...

Dans le foisonnement de ses instantanés de la lutte quotidienne des êtres humains pour se nourrir, Mario Del Curto s’arrête sur l’un d’entre eux, modeste scientifique héros moderne de cette lutte, Vavilov qui a constitué, au 20e siècle, en Russie, la plus grande banque de graines au monde. Soutenu par Lénine, il parcourt la Russie et le monde entier pour rassembler la plus grande collection possible de plantes alimentaires, gigantesque travail de celui qui mourra de faim dans les prisons de Staline.

« Je suis comme un maraudeur, un gentil voleur romantique, écrit Mario Del Curto dans la présentation de son expo, Dans le travail, je ne pense plus et ne sens ni le froid ni la pluie. C’est un peu comme un état second, une sorte d’osmose avec ce qui se passe, comme si les choses me faisaient des signes pour m’inviter à les photographier. »

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